De fil en aiguille

Sous toutes les coutures

Expression née à la fin du XIIIe siècle qui signifie, de manière figurée, « en passant insensiblement d’une chose à l’autre ».

L’aiguille vient du bas latin acucula « aiguille de pin », un mot de la même famille qu’acrus, « pointu », qui a donné sa racine à âcre, acier et même… à agrume ! Autrement plus utile que le fil à couper le beurre, son signe distinctif est d’avoir une extrémité pointue et un chas à l’autre bout. Apparue assez tard dans la Préhistoire, elle est d'abord faite en os, en bois ou en porc-épic, et si elle ne fait pas encore dans la dentelle, elle sert à assembler des fourrures.

Le temps qu’on invente le tissage et qu’on fasse un sort aux fringues en peau de bête, l’aiguille est désormais en fer ! La Bible nous apprend qu’il est difficile pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille. De fait, il vaut mieux y faire passer un fil.

De fil en aiguille, notre piquant outil est secondé par une invention révolutionnaire : en 1830, le premier brevet d’une « mécanique à coudre » est déposé par un tailleur stéphanois, Barthélémy Thimonnier. Mais la concurrente est mal vue par ses ouvriers : furieux de se voir remplacés par cet engin infernal, ils mettent le feu à l’usine, avec le patron dedans !

Finalement, c'est Isaac Singer qui mettra au point la machine à coudre telle qu’on la connaît, semant d’abord la panique chez les couturiers, au beau milieu d’une ère industrielle où la machine remplace la main.

Plus fine que sa cousine préhistorique, l’aiguille a conservé sa forme primaire et continue de piquer les doigts des couseurs d’ourlets invisibles et des repriseurs de chaussettes.

« Et de fil en aiguille, il est arrivé/ce que vous pensez »

Bobby Lapointe

 

Crédits photo : BrunoWeltmann/Shutterstock.com

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