bouffon

définitions

bouffon ​​​ , bouffonne ​​​ nom et adjectif

nom masculin Personnage qui était chargé de divertir un prince par ses plaisanteries. ➙ fou.
Celui qui amuse. ➙ clown, farceur, pitre.
nom familier (injure) Personne sans intérêt, niaise, ridicule.
adjectif Qui excite le gros rire, a quelque chose de grotesque et d'un peu fou. ➙ comique, ridicule. Une scène bouffonne.

synonymes

bouffon, bouffonne

nom masculin

fou (du roi)

clown, amuseur, farceur, plaisantin, loustic (vieux)

[Théâtre] comique, arlequin, baladin, bateleur, histrion, pitre, bobèche (vieux), gracioso (vieux), pasquin (vieux), queue-rouge (vieux), matassin (anciennt), zanni (anciennt)

nom

[familier] nullité, nul (familier), blaireau (familier), boloss (langage des jeunes), tocard (familier)

adjectif

burlesque, cocasse, comique, drôle, grotesque, ridicule, scurrile (vieux)

exemples

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Il évita avec soin tous les traits qui auraient pu indiquer des dispositions belliqueuses, et dessina sur ses joues des figures fantastiques, qui travestissaient le militaire en bouffon.James Fenimore Cooper (1789-1851), traduction Auguste-Jean-Baptiste Defauconpret (1767-1843)
Et le bouffon prit, en disant ces paroles, une pose de matamore si outrée, que la moitié de la salle éclata de rire.Alexandre Dumas (père) (1802-1870)
Un rire diabolique envahit les traits du bouffon, et se termina par un éclat strident ; on eût juré un chacal qui glapit.Octave Féré (1815-1875)
Car, pour plaire aux femmes, il faut étaler une insouciance de bouffon ou des fureurs de tragédie !Gustave Flaubert (1821-1880)
Et cependant, ajouta le bouffon en se rapprochant du chevalier, il y a dans les bois des compagnons encore plus dangereux que les outlaws.Walter Scott (1771-1832), traduction Albert Montémont (1788-1861)
Que le bouffon, conspirateur prudent, ne se fût pas montré au moment critique, rien de plus naturel ; mais que devenait-il maintenant ?Octave Féré (1815-1875)
Certaines formules sont spéciales, et il serait souverainement ridicule et bouffon de confondre les deux genres d'expressions.Charles de Montblanc (1833-1894)
Il y a un point où il cesse d'être un bouffon pour devenir un... demi-fou.Fedor Dostoïevski (1821-1881), traduction Victor Derély (1840-1890)
Raconter une bonne histoire dans le genre bouffon, et la bien raconter, c'était le plus sûr chemin pour arriver à sa faveur.Edgar Allan Poe (1809-1849), traduction Charles Baudelaire (1821-1867)
Ses veines se gonflaient, et, sans contredit, il aurait étouffé sur place, sans un bienheureux verre d'eau que son bouffon lui offrit à point.Gabriel de La Landelle (1812-1886)
Il apprendra qu'on ne joue pas impunément des tours comme celui de son vin sophistiqué au bouffon du roi !Octave Féré (1815-1875)
Courtisan, bouffon de château, médecin de campagne, auteur aux gages des libraires, ce grand génie traîne les vices de sa vieille robe, l'ostentation des vices surtout pour plaire aux grands.Jules Michelet (1798-1874)
Ce même écrivain est le plus railleur, le plus comique et le plus bouffon de tous les écrivains anglais.Hippolyte Taine (1828-1893)
Tel a débuté par un drame lyrique, qui sera inévitablement taxé d'outrecuidance s'il prétend écrire un opéra bouffon, seulement parce qu'il a montré des qualités éminentes dans le genre sérieux.Hector Berlioz (1803-1869)
Le bouffon eut donc la joie de constater, à l'attitude de son auditoire, l'intérêt réel excité par sa narration.Octave Féré (1815-1875)
La glace placée sur la toilette renvoya au bouffon l'image de la princesse ; cette image lui fit peur.Octave Féré (1815-1875)
Et le bouffon choqua son gobelet contre celui de l'intendant, mais sans se presser de boire.Octave Féré (1815-1875)
Inquiétante est la vie humaine et, de plus, toujours dénuée de sens : un bouffon peut lui devenir fatal.Fredéric Nietzsche (1844-1900), traduction Henri Albert (1869-1921)
Je ne suis pas venu ici pour faire des tours de bouffon ; croyez-vous me faire tenir debout comme un singe, à votre volonté ?Walter Scott (1771-1832), traduction Auguste Baptiste Defauconpret (1767-1843)
Et tu veux que le fils d'un pareil prince, d'un bouffon qui ne s'occupe pas de moi, tu veux que l'héritier de la sottise soit autre chose qu'un sot !Louis Ulbach (1822-1889)
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définition ancienne (17e siècle)

Ces définitions sont issues du Dictionnaire universel de Furetière, publié en 1690. Il convient de les replacer dans le contexte historique et sociétal dans lequel elles ont été rédigées. En savoir plus.

Définition de « BOUFFON » s. m.

Comedien, Farceur qui divertit le public par ses plaisanteries, pour attraper de l'argent. Les Comediens Italiens sont les meilleurs Bouffons. On appelle Harlequins, Trivelins, les excellents Bouffons.
 
BOUFFON, se dit aussi de ceux qui ne cherchent qu'à rire & à divertir les autres par un emportement de gayeté & de bonne humeur. C'est une qualité qui tient lieu de merite en beaucoup d'endroits, de sçavoir faire le bouffon bien à propos.
 
BOUFFON, se prend quelquefois adjectivement, tant au masc. qu'au fem. Il a fait un discours, un conte bouffon. c'est une humeur bouffonne.
 
Quelques-uns derivent ce mot d'une Feste qui fut instituée au pays d'Attique par le Roy Erectée à l'occasion d'un Sacrificateur nommé Buphon, lequel aprés avoir immolé le premier boeuf sur l'autel de Jupiter Polien ou Gardien de la ville, s'enfuit sans sujet si soudainement, qu'on ne le pust arrester, ni le trouver, laissant la hache & les autres utenciles du sacrifice par terre. On les mit entre les mains des Juges pour leur faire leur procés, qui jugerent la hache criminelle, & le reste innocent. Toutes les autres années suivantes on fit le sacrifice de la même sorte. Le Sacrificateur s'enfuyoit comme le premier, & la hache étoit condamnée par des Juges. Comme cette ceremonie & ce jugement étoient tout à fait burlesques, on a appellé depuis bouffons & bouffonneries, toutes les autres momeries & farces qu'on a trouvées ridicules. Cette histoire est rapportée dans Coelius Rhodiginus, liv. 7. chap. 6.
 
Menage aprés Saumaise derive ce mot de buffo. On nommoit ainsi en Latin ceux qui paroissoient sur le theatre avec des jouës enflées pour recevoir des soufflets, afin que le coup faisant plus de bruit, fist rire davantage les spectateurs. Vossius est de même advis, & dit que bouffer signifioit autrefois enfler, & souffler : d'où vient qu'on dit bouffi d'orgueil, que les habits bouffent, & une bouffée de vent. Il tire de la même origine le mot de soufflet, qu'on appelle aussi une buffe.