épée

définitions

épée ​​​ nom féminin

Arme blanche faite d'une lame aiguë et droite, emmanchée dans une poignée munie d'une garde. ➙ fleuret, rapière. La lame, la pointe d'une épée. Dégainer l'épée. Se battre à l'épée ; duel à l'épée.
locution Passer au fil de l'épée : tuer à l'arme blanche. —  Un coup d'épée dans l'eau, un effort inutile, vain. —  Épée de Damoclès, danger qui peut s'abattre sur qqn d'un moment à l'autre.
Personne qui manie (bien) l'épée. Une fine épée.
Escrime* à l'épée.

synonymes

épée nom féminin

fer, glaive, rapière (plaisant)

exemples

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C'est peu de dire qu'elle émousse le tranchant de l'épée aiguisée, lorsqu'elle erre pendant bien des jours par la maison à demi construite.Oscar Wilde (1854-1900), traduction Albert Savine (1859-1927)
Et il frappa violemment son bras avec sa main et détacha son épée accrochée au mur.Alexandre Dumas (père) (1802-1870)
Dès lors comment se fait-il que vous jetiez le poids de votre épée et de votre expérience dans le plateau le plus faible ?Arthur Conan Doyle (1859-1930), traduction Albert Savine (1859-1927)
Il eut un sourire de satisfaction et, sans se redresser, il mit l'épée à la main.Michel Zévaco (1860-1918)
Il ne s'agit pas d'une vulgaire épée large qu'il faut dégrossir par des amendements inutiles.Europarl
Je la traite devant des hommes d'honneur, qui tous ont mis plus d'une fois l'épée à la main.Alexandre Dumas (père) (1802-1870)
Je gagnais toujours sur lui, et enfin je n'avais plus qu'à étendre le bras, et je faisais déjà tournoyer mon épée pour le frapper.Arthur Conan Doyle (1859-1930), traduction Albert Savine (1859-1927)
Le problème de ce monde, ce n'est pas que la démocratie doit être gagnée au fil de l'épée, mais qu'elle est supprimée au fil de l'épée.Europarl
Je laisse à des poltrons comme toi le soin de porter des rosaires ; moi, je porte une épée.Ann Radcliffe (1764-1823), traduction Victorine de Chastenay (1771-1855)
Et, d'un geste rapide, appuyant la poignée de l'épée au parquet, il en dirigea la pointe sur sa poitrine.Alexandre Dumas (père) (1802-1870)
Un d'eux, placé sur le degré supérieur, l'épée nue à la main, empêchait ou du moins s'efforçait d'empêcher les trois autres de monter.Alexandre Dumas (père) (1802-1870)
Si vous ne repreniez ni ne transposiez les résultats de nos contrôles, nous serions un chevalier sans épée.Europarl
Il gagne des cités et des provinces par des ambassades politiques, et non à la pointe de l'épée.Walter Scott (1771-1832), traduction Auguste Baptiste Defauconpret (1767-1843)
À quoi j'ai répondu que si je vendais mon épée, je ne vendais pas mon honneur.Arthur Conan Doyle (1859-1930), traduction Albert Savine (1859-1927)
Mais si je suis vieux et usé, j'ai le fruit de mes reins pour prendre ma place et manier la même épée pour la même cause.Arthur Conan Doyle (1859-1930), traduction Albert Savine (1859-1927)
Elle avait, en guise d'yeux, deux brillants saphyrs et un grand rubis rouge ardait à la poignée de son épée.Oscar Wilde (1854-1900), traduction Albert Savine (1859-1927)
La nuit, qui arriva sur ces entrefaites, me fit craindre que l'ennemi ne cherchât à se faire jour l'épée à la main.Napoléon Bonaparte (1769-1821)
Grâce à sa prospérité et à la fortune qu'il avait acquise, il aurait fort bien pu porter l'épée.Arthur Conan Doyle (1859-1930), traduction Albert Savine (1859-1927)
Si je le croyais, cette bonne épée en creuserait un de plus que le mien.George Gordon Byron (1788-1824), traduction Paulin Paris (1800-1881)
Ses yeux graves, enfoncés, sa figure lugubre, juraient avec son équipement aux couleurs vives et le joli nœud de rubans de son épée.Arthur Conan Doyle (1859-1930), traduction Albert Savine (1859-1927)
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définition ancienne (17e siècle)

Ces définitions sont issues du Dictionnaire universel de Furetière, publié en 1690. Il convient de les replacer dans le contexte historique et sociétal dans lequel elles ont été rédigées. En savoir plus.

Définition de « ESPÉE » s. f.

Arme offensive qu'on porte au costé, & qui est en usage chez presque toutes les nations. Elle est faite d'une lame de fer trenchante & pointuë, avec une garde, une poignée & un pommeau. Les Sauvages de Mexique avoient des espées de bois garnies de pierres, qui n'étoient pas moins dangereuses que les nostres. En Espagne il n'y a des espées que d'une certaine longueur : elles sont marquées pour cela. Ce mot vient de Latin spata, selon Nicod, qui est un vieux mot Gaulois que Bochart derive de l'Hebreu sbatim, qui signifie un baston.
 
Les Maistres en fait d'armes divisent l'espée en trois parties, en haute, moyenne, & basse ; en fort, mi-fort, & en foible. Le fort de l'espée est la partie la plus proche de la garde. Le mi-fort gist au milieu & aux environs de la lame. Et le foible est le reste qui va jusqu'à la pointe. Ils divisent de même le corps en trois, dont la partie haute comprend la teste, la gorge & les espaules ; la moyenne est la poitrine, l'estomac & le ventre superieur ; & la basse est le ventre inferieur, & au dessous jusques vers le milieu des cuisses.
 
ESPÉE, signifie aussi la profession militaire. Un Gentilhomme est naturellement un homme d'espée, il est né pour porter l'espée : & est opposé en ce sens à la robbe.
 
A la fin j'ay quitté la robbe pour l'espée.
 
C'est le premier vers du Menteur de Corneille. L'espée annoblit, lors qu'on s'en sert bien, qu'on fait fortune par l'espée. Pour faire un Chevalier, on luy ceint l'espée au costé. C'est au contraire un vilain mestier, d'estre un bretteur, un traisneur d'espée. On dit d'un homme fort brave & adroit, que c'est une bonne espée, une rude espée.
 
On dit, Se battre à l'espée blanche, c'est à dire tout de bon, l'espée nuë à la main. Il est deffendu en Angleterre de tirer l'espée. Les duelistes font des deffis de deux coups d'espée, de mesurer leurs espées. Il luy a donné du trenchant de l'espée, des coups de plat d'espée, il luy a fait rendre l'espée. On dit dans un sac de ville, qu'on a tout passé au fil de l'espée, pour dire, qu'on a fait main basse, qu'on a tué tous les habitans.
 
Espée à deux mains ou Espadon, est une large espée qui a deux poignées qu'on tient à deux mains, & qu'on tourne si viste & si adroitement, qu'on en demeure toûjours couvert.
 
Les anciens Chevaliers donnoient des noms à leurs espées. Joyeuse étoit le nom de celle de Charlemagne. Celle de Roland s'appelloit Durandal ; celle d'Olivier, Hauteclere ; celle d'Ogier, Courtin ; celle de Renault, Flamberge, comme on voit dans le Roman des Quatre Fils-Aymond.
 
Au Manege on appelle la main de l'espée ou de la lance, la main droite. On appelle aussi espée Romaine, une marque en forme d'espic qui vient à l'encolure du cheval vers la criniere, qui est faite de poils relevez representans une lame d'espée.
 
ESPÉE, se dit proverbialement en plusieurs phrases. On dit qu'un homme est vaillant comme son espée, comme l'espée qu'il porte, pour dire, qu'il est fort brave. On dit pareillement, A vaillant homme courte espée. Il se fait tout blanc de son espée, pour dire, Il se fie fort en sa force, en son credit, pour venir à bout de quelque chose. On dit d'un homme toûjours prest à se battre, que son espée ne tient point dans son fourreau. On dit qu'on se bat de l'espée qui est chez le Fourbisseur, quand on conteste sur une chose qui n'est pas en nostre puissance. On dit qu'un homme n'a que la cappe & l'espée, pour dire, qu'il est fort gueux. On le dit aussi des choses qui sont minces & legeres. On dit que des gens en sont aux espées & aux couteaux, pour dire, qu'ils ont rompu ensemble, qu'ils sont prests à se battre. On dit encore de celuy qui a un ami brave, que c'est son espée de chevet. On le dit aussi des choses dont on se sert continuellement. On dit de celuy qui ne s'est point deshabillé la nuit, qu'il a couché comme l'espée du Roy, dans son fourreau. On dit aussi de celuy qui n'a jamais tiré l'espée, qui ne s'est jamais battu, que son espée est pucelle. On dit d'une viande fort dure, que c'est Durandal l'espée de Roland. On dit d'un homme qui demande les choses avec empressement, qu'il poursuit l'espée dans les reins ; & de celuy qui veut obtenir les choses de hauteur, qu'il les veut avoir à la pointe de l'espée ; & de celuy qui ne peut obtenir ce qu'il pretend, que son espée est trop courte. On dit aussi, Mettre quelque chose du costé de l'espée, pour dire, S'en saisir, se l'approprier. Un joüeur qui fait un beau coup de partie dit, Voilà mourir d'une belle espée. On dit aussi, qu'un homme jouë de l'espée à deux talons, quand il s'enfuit.
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