tournoi

 

définitions

tournoi ​​​ nom masculin

au Moyen Âge Combat courtois entre chevaliers.
littéraire Lutte d'émulation. ➙ concours. Un tournoi d'éloquence.
Compétition, concours à plusieurs séries d'épreuves ou de manches. Tournoi de tennis. Le Tournoi des Six Nations (rugby).
 

synonymes

 

exemples

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Parmi ces derniers se trouvaient la plupart des chevaliers qui avaient figuré dans le tournoi, ou qui se proposaient de prendre part au combat général du lendemain.Walter Scott (1771-1832), traduction Albert Montémont (1788-1861)
Il désigne soit un étrier, soit une barrière de tournoi ; on n'est pas d'accord sur ce point important, mais il est indice de chevalerie.George Sand (1804-1876)
Vous pourrez choisir l'armure et le cheval qui vous plairont le plus, et demander tout ce qui vous sera nécessaire pour le tournoi : il vous le donnera.Walter Scott (1771-1832), traduction Albert Montémont (1788-1861)
Ils se querellent en vers, et leurs répliques pressées, renvoyées coup sur coup, alambiquées, font un tournoi d'esprit.Hippolyte Taine (1828-1893)
A l'occasion du mariage du frère du roi avec l'une des jeunes filles, on avait organisé un grand tournoi.Emmanuel Cosquin (1841-1919)
Il avait montré sa vigueur à coup sûr dans le tournoi, moins de grâce, ayant eu le malheur de frapper trop fort.Jules Michelet (1798-1874)
Dès le matin, les guerriers s'équipèrent, sans revêtir cependant le costume de guerre, et le tournoi commença.Mayne Reid (1818-1883), traduction Allyre Bureau (1810-1859)
Berthe, qui a tout pouvoir sur l'empereur son frère, obtient de lui qu'il donne un grand tournoi, où elle espère du moins voir briller la valeur du chevalier qu'elle aime.Pierre-Louis Ginguené (1748-1816)
Que serait un tournoi pour les chevaliers qui se préparent à « bien faire dans la lice, » sans beaux yeux pour les encourager, sans petites mains pour les applaudir ?Émile Gaboriau (1832-1873)
De l'œil et du sourire, elle encourageait le tournoi de paroles et y jetait, de temps en temps, son mot tantôt railleur tantôt approbatif...Charles Baudelaire (1821-1867)
La plupart des seigneurs du temps se sont fait représenter sur leur sceau en costume de tournoi.Charles-Victor Langlois (1863-1929)
Après chaque tournoi, il fait secrètement hommage de la fleur à la fille du comte.Emmanuel Cosquin (1841-1919)
Mais elle avait effacé dans un autre tournoi tous ses exploits et tous ceux des guerriers les plus célèbres.Pierre-Louis Ginguené (1748-1816)
Malgré tout, en cette minute encore, il se trouvait plus de savoir-faire qu'aux camarades et ne doutait point de l'issue du tournoi.Fernand Kolney (1868-1930)
Il avait fait suspendre à son hôtel deux lances, l'une de bataille, l'autre de tournoi, défi de paix ou de guerre où il ne risquait rien.Joseph Kervyn de Lettenhove (1817-1891)
Le comte ayant fait annoncer un grand tournoi, dont le prix est la main de sa fille, le berger s'y rend sur le cheval noir et avec l'armure de fer.Emmanuel Cosquin (1841-1919)
Après ce tournoi, elle retournait à son château avec les dames et les demoiselles de sa suite, sous l'escorte de plusieurs chevaliers.Pierre-Louis Ginguené (1748-1816)
C'est ici qu'il faut montrer la force de vos bras, sinon les gens de la cour vont remporter le prix du tournoi.Miguel de Cervantès Saavedra (1547-1616), traduction Charles Furne (1794-1859)
Elle rit dans son cœur en voyant que le chevalier ne l'avait point enlevée de son heaume, comme s'il eût voulu la porter dans un nouveau tournoi.Alfred Tennyson (1809-1892), traduction Francisque Michel (1809-1887)
Mais puisqu'il faut vivre avec le vivants, causons de notre tournoi, quoique le mot soit bien démodé.Arsène Houssaye (1815-1896)
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définition ancienne (17e siècle)

Ces définitions sont issues du Dictionnaire universel de Furetière, publié en 1690. Il convient de les replacer dans le contexte historique et sociétal dans lequel elles ont été rédigées. En savoir plus.

Définition de « TOURNOY » s. m.

Exercice & divertissement de guerre & de galanterie, que faisoient les anciens Chevaliers pour monstrer leur adresse & leur bravoure. Les premiers tournois ont été des courses de cheval en tournoyant avec des cannes en guise de lances ; au lieu que les joustes sont des courses accompagnées d'attaques & de combats de lance, tant sur l'eau, qu'à la barriere. Ce fut Henry surnommé l'Oiseleur Duc de Saxe, & depuis Empereur, qui introduisit l'usage des tournois en Allemagne l'an 934. comme dit Munster en sa Cosmographie. Mais le vray inventeur des tournois a été un nommé Geofroy II. Comte d'Anjou, & Seigneur de Preully vers l'an 1066. comme on voit dans la Chronique de Tours. Ils ont passé de France en Angleterre & en Allemagne. L'Histoire Bizantine dit que les Grecs & les Latins en ont pris l'usage des François ; & il en est fait mention dans Catacusene, Gregoras, Bessarion, & quelques autres Auteurs de la basse Grece. Quand il n'y a qu'une quadrille, c'est proprement un tournoy, ou course. Les joustes demandent au moins deux partis opposés, & les carrousels quatre. Budée derive ce mot de Trojana agmina, ou de torneamina par corruption, soustenant qu'on doit dire tournay. Les Latins ont dit tornamentum, que quelques-uns derivent de Trojamentum, quasi ludus Trojae. Menage veut qu'il vienne de tornensis, ou de tourner, à cause que les combattants tournent de costé & d'autre. Matthieu Paris les appelle en Latin hastiludia ; Nebrissensis, meditationes militares ; d'autres, gladiaturae ; d'autres, decursiones ladicrae, equestres pugnae.
 
On y a combattu dans la suite avec des épées rebouchées, & des lances sans fer, qu'on appelloit armes courtoises, & il étoit deffendu de combattre de la pointe. Quand on se battoit tout de bon, on appelloit ces armes à outrance.
 
Ainsi on a confondu les joustes & tournois, qui se faisoient avec grande ceremonie & magnificence. Les Adventuriers des Romans alloient chercher des tournois dans les Cours estrangeres. Ce fut un tel Chevalier qui gagna le prix du tournoy. Le Roy Henry II. mourut d'une blessure qu'il receut en un tournoy.
 
C'est à l'exercice des tournois qu'on doit rapporter le premier usage des Armoiries, parce que le nom de Blason, la forme des Escus, les esmaux, les figures principales, les timbres, les lambrequins, les supports, en sont des témoignages irreprochables.
 
On faisoit en Allemagne tous les trois ans des tournois solemnels, qui servoient de preuve de Noblesse ; car le Gentilhomme qui y avoit assisté deux fois étoit suffisamment blasonné & publié, c'est à dire, reconnu pour Noble, & il portoit deux trompes en cimier sur son casque de tournoy. C'est de là que viennent tant de cimiers à deux cornets, que plusieurs Auteurs ont pris mal à propos pour des trompes d'elephant. Ceux qui ne s'étoient trouvez en aucuns tournois, n'avoient point d'Armoiries, quoy qu'ils fussent Gentilshommes. Ceux qui avoient gagné les prix des tournois, étoient couronnez par les Dames ; & ces couronnes dans les vieux Romans sont nommées chapelets d'honneur, c'est à dire, petits chapeaux, ou guirlandes.
 
Le Pape Eugene II. excommunia ceux qui venoient aux tournois, & les priva de sepulture en terre sainte : ce qui marque qu'ils ont commence au huitiéme siecle du temps de Louïs le Debonnaire.
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15/04/2020