engouffrer

 

définitions

engouffrer ​​​ verbe transitif

littéraire Faire disparaître, entraîner comme dans un gouffre.
familier Manger avidement et en grande quantité. ➙ engloutir. —  au figuré Engloutir (une fortune).

s'engouffrer ​​​ verbe pronominal

Se perdre, être entraîné dans un gouffre. Rivière qui s'engouffre dans un ravin.
Se précipiter avec violence (dans une ouverture, un passage). Le vent s'engouffrait dans la ruelle. La foule s'engouffra dans la bouche de métro.
 

conjugaison

actif

indicatif

présent

j'engouffre

tu engouffres

il engouffre / elle engouffre

nous engouffrons

vous engouffrez

ils engouffrent / elles engouffrent

imparfait

j'engouffrais

tu engouffrais

il engouffrait / elle engouffrait

nous engouffrions

vous engouffriez

ils engouffraient / elles engouffraient

passé simple

j'engouffrai

tu engouffras

il engouffra / elle engouffra

nous engouffrâmes

vous engouffrâtes

ils engouffrèrent / elles engouffrèrent

futur simple

j'engouffrerai

tu engouffreras

il engouffrera / elle engouffrera

nous engouffrerons

vous engouffrerez

ils engouffreront / elles engouffreront

 

synonymes

engouffrer verbe transitif

dévorer, avaler, engloutir, ingurgiter, s'enfiler (familier), enfourner (familier)

s'engouffrer verbe pronominal

s'élancer, se jeter, se précipiter

 

exemples

Ces exemples proviennent de sources externes non révisées par Le Robert. N'hésitez pas à nous signaler tout contenu inapproprié. En savoir plus.
Nos lecteurs n'ont pas oublié, en effet, que le chevalier s'était introduit dans le cabinet noir, prêt à s'engouffrer dans la trappe de la cave au moindre danger d'être découvert.Michel Zévaco (1860-1918)
La route, en cet endroit, s'évasait en forme d'entonnoir et laissait la bourrasque s'y engouffrer, comme elle eût fait dans ces manches d'aération tendues au vent à bord des steamers.Jules Verne (1828-1905)
Je m'imposai la loi de faire deux fois le tour de la chambre pour apaiser mes nerfs, et je revins m'engouffrer dans le vaste fauteuil.Jules Verne (1828-1905)
Et rien ne lui survivait que l'espoir de descendre encore plus avant, de s'engouffrer, de s'anéantir dans du bonheur inéprouvé.Michel Corday (1869-1937)
Je cours vers l'escalier où vient de s'engouffrer une rafale qui menace d'éteindre la veilleuse.Marie Quinton (1854-1933)
C'était donc très propre et assez sain, pour peu qu'on entretînt les rigoles pour empêcher l'eau pluviale de s'y engouffrer.George Sand (1804-1876)
Mais en hiver, ou bien au temps des équinoxes, quand les lames de fond arrivaient du large avec des élans monstrueux, l'eau furieuse devait s'engouffrer dans la conque béante.Daniel Lesueur (1854-1921)
Et dès que ce seigneur est installé, seul dans le pompeux équipage, tout cela part au triple galop vers le désert, où viennent déjà de s'engouffrer les éclaireurs.Pierre Loti (1850-1923)
Toutes les portes et les fenêtres gémissent, l'ouragan s'acharne ; le petit point noir approche vaillamment coupant la brise ; je le vois s'engouffrer sous la sapinière.Hermine Lecomte du Noüy (1854-1915)
Leurs yeux suivaient chaque morceau, le regardaient pleins d'espoir partir de l'assiette, et le voyaient d'un air consterné s'engouffrer dans la bouche.Émile Zola (1840-1902)
Le cocher, comme il est d'usage, allait s'engouffrer sous le porche sombre et béant, lorsque le jeune prêtre, saisi de timidité, l'arrêta.Émile Zola (1840-1902)
Les nuages s'épaississaient ; le vent commençait à s'engouffrer, en sifflant, dans les sapins qu'il faisait ployer sous son effort.Claude-François de Méneval (1778-1850)
À travers une foule de bulles d'air qui remontent à la surface du canal, il y voit s'y engouffrer rapidement une femme qui se débat... qui se débat...Eugène Sue (1804-1857)
Les eaux s'échappent en nombreux filets qui bouillonnent sur un sol de roche ondulée, et vont, à quelques pas de là, se réunir et s'engouffrer dans le buco.George Sand (1804-1876)
La première page offre précisément la vue consolante d'un train de chemin de fer, sur le point de s'engouffrer dans un tunnel, au travers d'une petite montagne semée de tombes.Léon Bloy (1846-1917)
Suffit-il que les capitaux anglais trouvent un emploi naturel dans des mines inépuisables, pour que les nôtres aillent s'engouffrer dans des mines dérisoires ?Frédéric Bastiat (1801-1850)
Il n'y avait plus ni portes ni fenêtres ; mais ces ouvertures étaient si étroites et si profondes, que le vent ne pouvait s'y engouffrer.George Sand (1804-1876)
En de certaines directions, au milieu des montagnes de glace, semblaient s'ouvrir d'immenses tunnels noirs, dans lesquels l'homme le plus audacieux eût hésité à s'engouffrer.Jules Verne (1828-1905)
Sur un marché mondialisé, le seul moyen de rester compétitif est de se montrer flexible, prêt à s'engouffrer, prêt à exploiter une ouverture, prêt à tout.Europarl
Déjà, au loin, le train se perdait, après avoir secoué le sol ; et on l'entendit s'engouffrer dans le tunnel, où le bruit cessa.Émile Zola (1840-1902)
Afficher toutRéduire
 

définition ancienne (17e siècle)

Ces définitions sont issues du Dictionnaire universel de Furetière, publié en 1690. Il convient de les replacer dans le contexte historique et sociétal dans lequel elles ont été rédigées. En savoir plus.

Définition de « ENGOUFFRER » v. neut.

qui se dit avec le pronom personnel des eaux & des vents qui entrent avec violence en quelque endroit, d'où ils ne peuvent sortir sans quelque desordre. Quand les vents s'engouffrent entre deux montagnes, ils renversent les maisons. Il fait dangereux de naviger sur le Danube, où l'eau s'engouffre en quelques endroits, & y entraisne les bateaux. Le vent s'est engouffré dans son manteau, & l'a jetté par terre.
 
ENGOUFFRER, se dit aussi, quand on entre en quelque golfe ou lieu serré de la mer. Quand on s'est engouffré dans le detroit de Magellan, on a bien de la peine d'en sortir.
 
ENGOUFFRÉ, ÉE. part. & adj.
Le dessous des mots Un homme sur deux est une femme Un homme sur deux est une femme

Au-delà de la formule destinée à faire sourire, force est de constater que la moitié des hommes sont des femmes. Cet énoncé est correct grammaticalement et fait pleinement sens, ce paradoxe apparent étant rendu possible par la polysémie du mot homme, qui désigne à la fois un individu de sexe masculin et un mammifère du genre Homo, membre de l’humanité. Des bricolages de fortune ont tenté de contourner cette regrettable polysémie. Des solutions empiriques, telles que la typographie, prétendent distinguer l’homme de l’Homme (de la même manière, et pour les mêmes raisons, que l’histoire du Petit Chaperon rouge et l’Histoire et ses sources). Disons-le tout net, ça ne fonctionne pas.

Marie-Hélène Drivaud 28/05/2020