prune

 

définitions

prune ​​​ nom féminin et adjectif invariable de couleur

nom féminin
Fruit du prunier, de forme ronde ou allongée, à peau fine, jaune, verte ou bleutée, à chair juteuse et sucrée. ➙ mirabelle, prunelle, quetsche, reine-claude. Tarte aux prunes. Eau-de-vie de prune, ou elliptiquement de la prune.
Pour des prunes locution, familier : pour rien.
familier Contravention.
adjectif invariable De la couleur violet foncé de certaines prunes. Des robes prune.
 

exemples

Ces exemples proviennent de sources externes non révisées par Le Robert. N'hésitez pas à nous signaler tout contenu inapproprié. En savoir plus.
Les balles fondent en rosée et la prune luit, regarde, comme un gros œil, au travers.Jules Renard (1864-1910)
L'arrivée de la prune, baignée d'alcool, la ravit.André Beaunier (1869-1925)
Et chacun vit que sa chair était plus saine que prune de prunier.Joseph Bédier (1864-1938)
Mais aussitôt punie que coupable du péché d'orgueil, elle rejette la prune.Jules Renard (1864-1910)
Elle en mit des brassées dans son tablier, un joli tablier de soie prune, avec des petites poches si gentilles, et elle les apporta au vieux cochon.Alphonse Allais (1854-1905)
La prune remue au gré du vent, docile, dorlotée, dormante.Jules Renard (1864-1910)
Le kolack est un grand arbre qui porte une espèce de prune fort bonne à manger.Jean-François de La Harpe (1739-1803)
Elle voit la prune, lui sourit, se cambre avec nonchalance, penche la tête en arrière, cligne de l'œil et ouvre ses lèvres humides de gourmandise.Jules Renard (1864-1910)
Le bossy est un arbre doux au tact, qui porte une prune longue et jaune, d'un goût fort amer, mais très-saine.Jean-François de La Harpe (1739-1803)
Que diriez-vous en voyant sur la ronce innocente rougir la prune et la cornouille ?Alphonse de Lamartine (1790-1869)
Au bout de la branche pend une prune qui ne veut pas tomber.Jules Renard (1864-1910)
À chaque coup, la branche mince plie, la prune recule et fait signe que non.Jules Renard (1864-1910)
Il nous disait encore, le petit pique-prune, comme on appelle les tailleurs par chez nous, que la terre devait appartenir à ceux qui la travaillaient, et les outils aux ouvriers.Eugène Le Roy (1836-1907)
Dernièrement un touriste anglais a cueilli et mangé dans un champ une prune qu'il a payée cinquante florins.Victor Hugo (1802-1885)
Une odeur de prune montait de ses jupes.Émile Zola (1840-1902)
Elle vint, drapée d'une robe prune, où des ibis blancs becquetaient des roses.Victor Margueritte (1866-1942)
Il nous rendra le noyau de ma prune...Paul Mahalin (1838-1899)
Si je n'avais pas reçu mon noyau de prune avant-hier, c'est peut-être bien moi qui aurais été à sa place !...Louis Dumure (1860-1933)
Maintenant, que ces crevettes soient grises ou roses, que ces prunes sentent le musc ou tout bonnement la prune, voilà qui est indifférent.Edmond Lepelletier (1846-1913)
Serge, comme elle boudait, refusant de cueillir une seule prune, imagina de secouer l'arbre violemment.Émile Zola (1840-1902)
Afficher toutRéduire
 

définition ancienne (17e siècle)

Ces définitions sont issues du Dictionnaire universel de Furetière, publié en 1690. Il convient de les replacer dans le contexte historique et sociétal dans lequel elles ont été rédigées. En savoir plus.

Définition de « PRUNE » s. f.

Fruit d'esté qui est à noyau avec une pulpe ou chair couverte d'une peau fleurie. Il y a des prunes de plusieurs sortes, d'imperiales, de damas, de brignoles, de mirabelle, de dattes. Il y en a de rouges, de jaunes, de blanches, & de violettes ; des prunes-pommes, prunes-noix, &c. En Latin prunum. Matthiole dit qu'il y a des prunes verdes, rouges, de couleur d'yvoire, jaunes & purpurines ; de grosses, petites, moyennes ; de rondes, de longuettes, en ovale ; de dures & de molles ; de douces, d'aigres, de vineuses & de pisseuses. C'est un fruit qui nuit à l'estomach, & lâche le ventre.
 
On dit proverbialement, Il aime bien mieux deux oeufs qu'une prune, pour dire, Il n'est pas niais, il entend bien ses interests. On dit aussi, Cet homme n'est pas là pour des prunes, pour dire, Il n'est pas là pour rien, il a quelque secrette affaire.
 
Les meilleures prunes sont celles de Damas. Les dattes tiennent le second lieu. On fait cas aussi des prunes de pardigoigne, que par corruption on a appellées de perdrigon, à cause de leur grosseur & saveur agreable. Il y a des prunes à Rheims qu'on appelle nobert, & d'autres vagnons. Voicy la liste des principales prunes qui sont maintenant dans les jardins des curieux. La plus hastive des prunes est la cerisette, dont l'une est rouge, & l'autre blanche, & s'ouvre net comme le damas. Elle est bonne, quoy que sauvage. La prune de Catalogne est blanche, grosse, & tres-hastive, & ne quitte pas le noyau. La prune de St. Cir est un damas noir, hastif, & fort fleuri, qui quitte le noyau. Le gros damas noir hastif, dit de Tours, quitte le noyau fort sec, a la chair jaunastre, & est une des meilleures. Il y a aussi un petit damas noir. La prune de taureau, ou poitron, est grosse, longue, d'un rouge brun, ne quitte pas le noyau, & est meilleure en confitures, en marmelade, à cause de son peu d'aigreur. La prune de damas d'Italie dite bombecone, est grosse, violette, hastive, qui s'ouvre net, & dont l'eau est excellente & sucrée. Le perdrigon de cernay, dit double damas, ou passevelours, est une tres-belle & grosse prune violette, fleurie, hastive, & qui n'est pas d'un goust relevé. Les prunes de damas rouges, blanches, & violettes, sont excellentes, quittent le noyau, & sont plus sucrées. La prune de brugnolle est une espece de perdrigon qui a la chair jaune, & est bonne cruë, seche, & en marmelade. La prune d'abricot, ou abricottée, est semblable à l'imperiale, & a le goust d'abricot. Il y en a de jaunes, de rouges, & de blanches. La prune diaprée est de six sortes. Il y en a de violette, qui est la meilleure des prunes. Il y en a de rouge dite de Roche-corbon, d'un village prés de Tours, qui ne quitte pas le noyau, comme fait la precedente. La diaprée blanche est grosse, verdastre, fort sucrée, & s'ouvre net, & a la chair verte. Il y en a une diaprée violette bastarde, longue, & fort fleurie ; & la diaprée violette longue hastive, qui est à fleur double. La mirabelle est une espece de petit damas blanc qui charge beaucoup, quitte des mieux son petit noyau, & est assez sucrée, & fort bonne en confiture, & a un goust musqué. Il y a une grosse, & petite mirabelle. La prune de drap d'or est un damas jaune tavelé de rouge, qui quitte le noyau, belle, bonne, & fort sucrée. La prune de perdrigon, de quatre especes ; la blanche, qui est grosse, & longue ; la rouge, ou violette, qui quitte rarement le noyau, a la chair ferme ; & l'autre est sucrée. Le perdrigon noir est plus petit, & ne quitte pas le noyau. Le petit perdrigon violet tardif est presque rond, & s'ouvre net, & est de bon suc. La prune imperiale est de trois sortes ; la rouge, qui est grosse, longue, fort fleurie, & excellente prune. La blanche est de moindre valeur. L'imperiale noire est plus en pointe, & en coeur, est excellente & tardive, & s'ouvre tres-net. La prune royale est une belle grosse prune ronde d'un rouge clair, qui a la queuë longue, fort fleurie, & de bon goust. Il y a encore six especes de damas plus tardifs. Le damas musqué, qui est la prune de Cypre, ou de Malthe, est noire, & fort fleurie. Le damas orangé, tavelé de rouge, que quelques-uns appellent mirabelle rouge. Le damas vert, qui l'est toûjours, quoy que meur, bon à confire. Le damas jumelle, qui est fort fleuri, assez gros, & long, d'une eau tres-sucrée, dont les prunes sont toutes jumelles ; & le damas blanc tardif, plus plat que rond, qui est fort sucré, & s'ouvre net. La prune de moyeu, qui est de deux sortes ; dont l'une est le moyeu de Bourgogne, dont le bois est espineux, & vient de sauvageon, longuette en coeur, jaune dedans & dehors, bonne à confire, ayant un goust relevé approchant de l'abricot, ainsi nommé, à cause que cette prune ressemble au moyeu d'un oeuf, ronde & jaune de même, aigre, & seche comme celle de Bourgogne. La prune damasquinée, est un gros damas rond, blanc, marqueté de rouge. La prune à fleur, double, dont l'une est longue, rouge, fort fleurie, & s'ouvre net ; l'autre est blanche, tres-grosse, ronde, & ne s'ouvre pas. La prune de Jerusalem, ou de Bordeaux, nommée oeuil de boeuf, est extraordinairement grosse, d'un violet brun, fort fleurie, & plus quarrée que ronde. La prune de Monmirel, autrement dite culot, est blanche, longue & pointuë, & ne s'ouvre pas, & n'est bonne qu'en pruneaux. La prune d'Isleverte est tres-longue, & menuë, qui demeure toûjours verte. Elle est fort estimée. Le coeur de boeuf, ou la prune de St. Lo, est la plus grosse des prunes, qui quitte bien le noyau, qui a la chair fort jaune, & la peau rouge, est de moitié plus grosse que l'imperiale. La prune de Maugerou est un gros damas violet, rond, & qui se fend des mieux. La prune sans noyau est petite, noire, faite en coeur, s'ouvre bien, & n'a qu'une amande. La prune datyle est de deux sortes ; l'une de Gonore, & l'autre du Mans. Celle-cy est blanche, longue & menuë ; l'autre plus petite & violette : & s'ouvrent bien toutes deux. Le coeur de pigeon est une prune faite en coeur, noire, grosse, se fend bien, & est tres-bonne sur l'arriere-saison. La prune de Rhodes est belle & grosse, noire, & un peu longuette, est bonne & tardive. Le damas gris, ou prune de Monsieur, qu'on appelle aussi gros damas musqué tardif, est une prune violette, fort fleurie, assez grosse, qui a la chair jaune, quitte le noyau, & a un goust relevé. La prune transparente est grosse, blanche & longue, & s'ouvre net, ainsi nommée, parce que l'exposant au Soleil, on voit clairement son noyau. La prune virginale est une espece de gros damas blanc. La mignonne est assez grosse & longue, blanche, & tavelée de rouge, qui s'ouvre des mieux, est delicate & sucrée. Elle a été ainsi nommée à cause de sa bonté. La Reine Claude est une espece de gros damas verd qui est rond, un peu plat, & quarré, qui a la chair tres-ferme & espaisse, quitte le noyau, & est des plus sucrées. La prune de Pologne est assez semblable à l'Imperiale blanche, mais bien meilleure. La prune de Suisse est fort longue, & menuë, rouge & tardive, qui quitte son noyau, & a bon goust. La prune datte est une espece d'imperiale tardive. Il y en a de blanches, & de rouges, & est bonne à faire des pruneaux. La prune de Sainte Catherine est blanche, grosse, ne quitte point le noyau, & est des plus sucrées, & bonne à faire des pruneaux. Le damas d'Espagne est une prune tardive & noire, & est tres-bonne. Le rognon de coq est une petite prune blanche tavelée de rouge, longuette, & faite en rognons, qui est tres-tardive. La prune de St. Julien est d'un noir violet fort fleuri, ne s'ouvre pas, se fane sur l'arbre, & y demeure jusqu'aux gelées. La prune norbete est un petit damas noir tardif, qui ne quitte pas le noyau, dont on fait les meilleurs pruneaux d'un beau bleu azuré. Il y en a une diaprée noire tardive ; un gros damas violet tardif de Tours, & un autre rouge, & un autre noir, qui ne se fend pas bien, & n'est pas d'un goust si relevé que les autres.
Le Top 10 des mots les plus étonnants Top 10 des mots étonnants du Grand Robert Top 10 des mots étonnants du Grand Robert

À l’occasion de la mise en ligne de sa nouvelle édition, nous avons choisi de mettre en lumière le Grand Robert, le dictionnaire le plus riche de la langue française.

Édouard Trouillez 13/02/2021