souffler

 

définitions

souffler ​​​ verbe

verbe intransitif
Expulser de l'air par la bouche ou par le nez, par une action volontaire. Souffler sur le feu ; dans une trompette.
Respirer avec peine, en expirant fort. ➙ haleter. Souffler comme un bœuf, comme un phoque.
Reprendre haleine ; se reposer. Laissez-moi le temps de souffler.
(vent) Produire un mouvement de l'air.
verbe transitif
Technique Envoyer un courant d'air sur (qqch.). Souffler une bougie (pour l'éteindre).
familier Souffler qqch. à qqn, le lui enlever. —  Souffler un pion, aux Dames, le prendre quand l'adversaire ne s'en est pas servi pour prendre.
Détruire par un souffle violent. —  au participe passé Maison soufflée par une explosion.
Technique Envoyer de l'air, du gaz dans (qqch.). Souffler le verre (pour le façonner).
Faire sortir en soufflant. Souffler la fumée par le nez.
Dire à voix basse. Souffler qqch. à l'oreille de qqn, lui dire en confidence. ➙ chuchoter. —  locution Ne pas souffler mot : ne rien dire. —  au figuré ➙ suggérer. C'est toi qui m'a soufflé l'idée.
Dire discrètement (qqch.) pour aider qqn. Souffler une réplique à un acteur (➙ souffleur).
familier Stupéfier. Son courage nous a soufflés.
 

conjugaison

actif

indicatif

présent

je souffle

tu souffles

il souffle / elle souffle

nous soufflons

vous soufflez

ils soufflent / elles soufflent

imparfait

je soufflais

tu soufflais

il soufflait / elle soufflait

nous soufflions

vous souffliez

ils soufflaient / elles soufflaient

passé simple

je soufflai

tu soufflas

il souffla / elle souffla

nous soufflâmes

vous soufflâtes

ils soufflèrent / elles soufflèrent

futur simple

je soufflerai

tu souffleras

il soufflera / elle soufflera

nous soufflerons

vous soufflerez

ils souffleront / elles souffleront

 

synonymes

 

exemples

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Je faisais des enjambées derrière ce cheval qui m'emportait, et je tombai roide, ne pouvant plus souffler.Jean-Roch Coignet (1776-1865)
Elle brûlait de la retenir ; mais la petite, qui n'avait, jurait-elle, que cinq minutes à rester, repartit en courant, après une heure de caquetage, tout d'un trait, sans souffler.Romain Rolland (1866-1944)
L'espérance vint lui souffler que son beau-père avait un motif pour le conduire chez le notaire.Eugène Chavette (1827-1902)
Il se mit à souffler ; & le cancre, levant l'autre bras, l'empoigna à la levre d'auprès le nez.François Béroalde de Verville (1556-1626)
Ces engins comprennent les tracteurs et maints petits, mais très souvent bruyants, engins qui sont utilisés, par exemple, dans les parcs pour souffler les feuilles.Europarl
Ceux qui n'avaient pas reçu de coups mortels rentrèrent à bord, et le ciel fit souffler aussitôt un vent forcé de terre, quoique jusqu'alors il eût été de mer.Jean-François de La Harpe (1739-1803)
Je leur demanderais volontiers qu'au milieu de leur course impétueuse, ils voulussent plusieurs fois reprendre haleine, souffler un peu, et laisser souffler leurs auditeurs.Jean de La Bruyère (1645-1696)
Ceci permettra aux inventeurs de ne pas se faire souffler leurs inventions s'ils les publient pour sonder l'intérêt du marché quelque temps avant de faire une demande de brevet.Europarl
Il ne se contente pas d'affronter quatre hommes, il veut les tomber l'un après l'autre sans souffler, comme des capucins de cartes...Paul Féval (1816-1887)
Quand il avait rôdé ainsi autour de ses anciennes pièces, il se laissait tomber sur son lit, dans une telle lassitude, qu'on ne l'entendait même plus souffler.Émile Zola (1840-1902)
Le brigand leur ordonne de descendre, de ne pas jeter un cri, de ne pas souffler mot et de se coucher la face contre terre.Victor Hugo (1802-1885)
Tu souffriras en outre, sans souffler, que je la raille devant toi de ses sottes visions.Charles Barbara (1817-1866)
Lui qui ne voulait pas d'abord souffler mot, comprit la nécessité urgente de déserrer les dents et, ma foi !Eugène Chavette (1827-1902)
Après réflexion, il se dit qu'elle ne pouvait causer d'incendie, et il se décida à ne pas la souffler.Fedor Dostoïevski (1821-1881), traduction Victor Derély (1840-1890)
Aussitôt qu'ils ont pris un chien de mer, ils commencent par le souffler ainsi ; de cette manière l'animal surnage au-dessus de l'eau, et ils le remorquent facilement avec leur caïak.Johann David Wyss (1743-1818), traduction Isabelle de Montolieu (1751-1832)
Violette se mit à souffler de toutes ses forces, en remuant les doigts et en chantant dans l'instrument.Édouard Laboulaye (1811-1883)
Je sens tout cela et je suis indignée de voir l'esprit du passé souffler sur toutes les idées vraies.George Sand (1804-1876)
Il y avait là, dans la cour, un peu à l'écart, un homme à burnouss qui venait d'entrer pendant la scène et se tenait assis sans souffler mot.Eugène Fromentin (1820-1876)
Mais il n'avait pas le temps de souffler, d'autres tableaux passaient, avec une mobilité extraordinaire.Émile Zola (1840-1902)
L'ayant suivi « jusqu'au milieu du jour suivant, sans difficulté aucune, s'arrêta, vers le midi, pour souffler, et vit tout à coup un feu qui « jaillissait du sol.Henri-Émile Chevalier (1828-1879)
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définition ancienne (17e siècle)

Ces définitions sont issues du Dictionnaire universel de Furetière, publié en 1690. Il convient de les replacer dans le contexte historique et sociétal dans lequel elles ont été rédigées. En savoir plus.

Définition de « SOUFFLER » v. act. & quelquefois n.

Donner une forte agitation à l'air, en le pressant dans quelque vaisseau pour l'en faire sortir par une petite ouverture avec plus d'impetuosité. On souffle du vent dans un balon par une seringue. On souffle du vent dans les tuyaux d'orgues pour les faire joüer. On souffle avec la bouche dans des flustes, dans des cornemuses. Les Bouchers soufflent la viande pour la faire enfler. On souffle les doigts pour les eschauffer. On souffle son potage pour le refroidir. On souffle la chandelle pour l'éteindre. On souffle le feu pour l'allumer. Les eolipiles ou poires à feu soufflent de l'air avec une merveilleuse violence. Ce mot vient de sufflare. Nicod.
 
SOUFFLER, signifie aussi, Exhaler de l'air qu'on avoit attiré par la respiration pour rafraischir les poulmons, quand ils viennent à se comprimer. Un homme qui a la courte haleine, souffle quand il a couru, ou beaucoup travaillé. La marque d'un cheval poussif, est lors qu'il souffle, qu'il bat du flanc. Il souffle comme un aspic sourd. Les animaux irritez soufflent.
 
SOUFFLER, se dit de l'agitation naturelle de l'air, qui cause les vents. Le vent de Midy a soufflé depuis huit jours. La bise souffloit dans nos voiles, souffloit de costé. Aucun vent ne souffloit, il y avoit un grand calme.
 
SOUFFLER, se dit aussi de ceux qui exercent les operations de Chymie ; mais sur tout en mauvaise part, de ceux qui cherchent la Pierre Philosophale. C'est un homme qui souffle il y a dix ans ; il a mangé tout son bien à souffler.
 
SOUFFLER le poil à un liévre, se dit en termes de Chasse, d'un chien qui est tout prest d'attraper le liévre. Et en débauche, on dit qu'un homme souffle bien, pour dire, qu'il avale de grandes rasades.
 
SOUFFLER au poil, en termes de Manege, se dit, lors qu'un cheval ayant une encloüeure, la matiere ou le pus a coulé entre la corne & le petit pied, a gagné le poil, & paroist à la couronne. On dit aussi, que la chair souffle sur la fourchette, quand il vient un bouillon ou excrescence de chair sur la fourchette du cheval, qui le fait boiter.
 
SOUFFLER, en termes de Marine signifie, Renforcer le bordage d'un vaisseau par de nouvelles planches & chaintes, pour le faire mieux resister au canon & aux coups de mer. Ce vaisseau de guerre a été soufflé de trois pouces.
 
SOUFFLER, se dit figurément en choses morales. Ce Prince tient tellement ses sujets en crainte, en sujettion, qu'ils n'oseroient pas seulement souffler, dire le moindre mot. Ce maistre est bien servi de ses gens, dés qu'il souffle ils sont à luy.
 
SOUFFLER, signifie aussi, Insinuer dans l'esprit, remettre quelque chose dans la memoire, quand elle manque. Les Grands ont toûjours auprés d'eux des gens qui leur soufflent aux oreilles tantost la paix, tantost la guerre, des calomnies contre leurs fideles sujets. On luy a persuadé de faire cette donation, à force de luy souffler aux oreilles. Si ce Prince est vicieux, ce n'est pas faute de bons Precepteurs qui luy ont soufflé aux oreilles les bons sentimens. Il y a dans les Estats & dans les familles des boutefeux qui soufflent la dissention, la discorde. Ceux qui parlent en public, font prudemment d'avoir quelqu'un qui leur souffle, qui leur suggere ce qu'ils ont à dire, quand la memoire leur manque.
 
En ce sens on dit qu'il y a des gens qui soufflent le Droit, qui instruisent legerement un Officier recipiendaire de quelques lieux communs, ou des objections qu'on leur peut faire sur la Loy qui leur a été proposée, pour y répondre, comme s'ils étoient derriere luy pour luy suggerer ce qu'il auroit à dire.
 
SOUFFLER un exploit, une signification, se dit au Palais des exploits faux qui n'ont point été effectivement donnez aux parties, ni à leurs personnes, ni à leur domicile, ou de leurs Procureurs. On luy a soufflé cet exploit. On dit aussi, qu'il a été donné sous la cheminée.
 
SOUFFLER, se dit au jeu des Dames, quand on prend une dame à son adversaire, lors qu'il a negligé d'en prendre une qui étoit en prise.
 
SOUFFLER, se dit proverbialement en ces phrases. Cet homme souffle le froid & le chaud d'une même bouche, pour dire, il prouve le vray & le faux ; il est pour & contre une même personne, il en dit du bien & du mal ; il jouë les deux. On dit aussi, qu'un homme a soufflé le pion à un autre, pour dire, qu'il a encheri sur luy, qu'il luy a enlevé une affaire qu'il croyoit faite. On dit aussi d'un dormeur qui ronfle avec violence, qu'il souffle des pois.
 
SOUFFLÉ, ÉE. part. pass. & adj.
Le mot du jour Panacée Panacée

On la croit capable de tout résoudre, elle, la déesse Panakeia, herboriste et guérisseuse. La panacée, fidèle à son origine grecque, est remède (akos) universel (pan-) :  une plante imaginaire qui guérissait de tous les maux. Pour les druides, le gui était une panacée ! 

Aurore Vincenti 18/04/2020