baume

 

définitions

baume ​​​ nom masculin

vieilli Plante odoriférante (notamment les menthes).
Résine odoriférante (➙ balsamique).
Préparation médicamenteuse employée comme calmant et cicatrisant. ➙ liniment. Baume à lèvres.
au figuré Ce qui apaise, réconforte. La nouvelle me mit du baume au cœur.
 

synonymes

 

exemples

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Ce petit voyage avait fait une utile diversion à d'amers chagrins, et versé un peu de baume sur des plaies toutes récentes.Claude-François de Méneval (1778-1850)
Heureux qui sait à temps recueillir les corolles afin de préparer quelque fortifiante essence, quelque baume qui endorme les douleurs quand sera venu l'âge amer.Han Ryner (1861-1938)
La vue de cette ration colossale que le concurrent à l'héritage allait s'introduire dans l'estomac fut comme un baume sur le cœur ulcéré du tailleur.Eugène Chavette (1827-1902)
Durant mon repos, il a versé sur mes sens un baume restaurant ; je commence à me sentir un peu soulagée du fardeau qui m'opprimait.Jean-Paul Marat (1743-1793)
Demain il saura tout ; en attendant, comme il est un peu tard, je vais tâcher de demander au sommeil le baume de mes peines.Charles Dickens (1812-1870), traduction Alfred des Essarts (1811-1893)
J'irai, dussé-je faire la route à pied, les remercier de leur amitié pour toi, car elle a répandu comme un baume sur mes plaies vives.Honoré de Balzac (1799-1850)
Ce départ mit un certain baume dans le cœur des autres commis, assez inquiets de retrouver la victime de leur plaisanterie.Honoré de Balzac (1799-1850)
Quoi qu'il en soit, elle quitta la chambre avec beaucoup d'empressement, et revint aussitôt avec une fiole de son baume sans pareil.Ann Radcliffe (1764-1823), traduction François Soulès (1748-1809)
Cette nouvelle fut pour mes enfants un baume consolateur, et ils se tranquillisèrent bien vite.Johann David Wyss (1743-1818), traduction Isabelle de Montolieu (1751-1832)
Il leur donna de plus à chacun du baume vert qui guérissait toutes les blessures, et, après les avoir bien régalés, il les congédia.Emmanuel Cosquin (1841-1919)
Il parla de l'avenir de la compagnie en termes hyperboliques, et versa du baume dans le cœur des deux vieillards.Louis Reybaud (1799-1879)
Mais quelquefois encore il laissoit couler, dans la profonde plaie de son cœur, quelques gouttes du baume de cette amitié consolante.Jean-François Marmontel (1723-1799)
Mais à côté de ces souffrances, il a mis ce baume souverain qu'on appelle le temps.Albert Delpit (1849-1893)
Seule, l'idée d'un bon duel était capable de calmer un peu sa furieuse colère et versait du baume sur les plaies de son noble et intelligent orgueil...Émile Gaboriau (1832-1873)
Mais aussi quel baume épandront sur tes blessures les ineffables, les maternelles consolations de ta conscience !Eugène Sue (1804-1857)
If you please, messieurs et milords, c'est un baume pour l'estomac, qui fait vivre cent ans et quelquefois davantage, c'est suivant les caractères.Paul de Kock (1793-1871)
Ce baume, pour la découverte duquel j'ai séché ma vie ; ce baume, que des souverains ont acheté au prix de leur couronne, ce baume enfin que l'on ne saurait payer.....Jean-Eugène Robert-Houdin (1805-1871)
C'est un baume sur les blessures du vaincu, mais un baume qui n'est pas sans amertume.Pamphile Le May (1837-1918)
Son haleine est sifflante, ses yeux rouges et obscurcis ; mais aussi, durant cette longue et fatigante nuit, le sommeil n'a pas un seul moment versé sur elle son baume réparateur.Henri-Émile Chevalier (1828-1879)
Sa mère surtout dut être heureuse et ce baume, après les récentes histoires, venait à point.Auguste Angellier (1848-1911)
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définition ancienne (17e siècle)

Ces définitions sont issues du Dictionnaire universel de Furetière, publié en 1690. Il convient de les replacer dans le contexte historique et sociétal dans lequel elles ont été rédigées. En savoir plus.

Définition de « BAUME » s. m.

Plante medecinale. C'est un arbrisseau de la grandeur du violier blanc. Il jette sa feuille semblable à la ruë : elle est toutefois plus blanche, & toûjours verde. Quelques-uns le font de la hauteur d'un grenadier, & il jette quantité de branches. On en tire une liqueur pendant les jours caniculaires en l'esgratignant avec des griffes de fer : mais elle sort en petite quantité. Pline dit qu'il faut l'entamer avec du verre ou de la pierre, parce que l'incision avec le fer le feroit mourir. Le meilleur baume est celuy qui a l'odeur puissante & penetrante, qui est frais, qui n'est point aigre, qui est aisé à dissoudre, astringeant, & picquant au goût. Il ne laisse aucune tache sur le drap de laine, quand il n'est point sophistiqué. Le vray baume s'achete sur les lieux le double poids de l'argent. Il ne croist qu'en Egypte & en Judée : encore Pline dit-il que de son temps ce n'étoit qu'en deux jardins appartenants au Prince, qui contenoient environ vingt journaux. Mais les Romains le firent multiplier en la Vallée de Hiericho, comme témoigne Justin. La Reine de Saba en apporta une plante à Salomon ; & Josephe dit qu'on luy a l'obligation de ce que la Judée a été depuis fertile en baume. Le suc de cette plante étoit excellent pour les parfums & pour les playes ; mais maintenant elle est tout à fait inconnuë ou sophistiquée. Cette plante s'appelle en Latin balsamum, son suc opobalsamum, son bois xylobalsamum, qui est de couleur d'or & fort odorant ; & son fruit carpobalsamum, qui est aussi de couleur d'or, pesant, picquant & bruslant à la langue.
 
Sur la riviere des Amazones, on trouve un arbre appellé Copayba, qu'on dit surpasser le meilleur baume d'Orient. Il croist aussi au Perou une plante qui est une espece de baume, mais qui est bien moindre en bonté : c'est un certain arbre qui ressemble au grenadier, horsmis qu'il a les feuilles dentelées tout autour comme l'ortie. Quand on fait une incision à son écorce, il en sort une gomme blancheastre & gluante qu'on a appellée baume, parce qu'on y a remarqué les vertus de l'ancien baume de Judée : mais les Indiens gardent le naturel pour eux, & nous envoyent de l'artificiel, qu'ils font en faisant bouillir le tronc & les branches hachées de cet arbre, & en amassant avec une coquille l'huile qui nage au dessus de cette decoction. Le baume artificiel est un remede qu'on employe le plus souvent à l'exterieur. On le fait d'une consistence un peu plus solide que celle de l'onguent ordinaire. Il est preparé pour recréer & fortifier les parties nobles par la bonne odeur. Il s'en fait aussi d'une consistence liquide entre celles des huiles & des liniments, dont le principal usage est pour les playes. Il s'en fait de plusieurs façons, de divers aromats & huiles distillées. L'huile de noix muscade est la base ordinaire des baumes, ou la cire blanche. On y mêle la graisse d'agneau, la moësle de cerf ou de veau, ou la manne en larmes, &c. On luy donne les noms d'apoplectique, stomachique, besoardique, hysterique, vulneraire, &c. La Framboisiere compose un baume qu'il nomme magistral, qu'il dit être excellent pour les playes, les ulceres, les hemorrhoïdes, & les gouttes froides. On appelle aussi le baume du Samaritain, de l'huile commune meslée & cuitte avec du vin, parce qu'on croit que le charitable de l'Evangile qui le guerit se servit de ce remede.
 
On appelle des Charlatans, Vendeurs de baume, qui vendent des onguents ou des huiles pour les playes, qu'ils nomment abusivement de ce nom. Ils vendent aussi une certaine liqueur pour le fard, qu'ils appellent du baume blanc.
 
BAUME, suivant quelques Chymistes, n'est autre chose que l'ame du sel commun extraite par l'art. Ils le font dissoudre à l'humide, & ils mettent sa resolution bien clarifiée dans du fumier de cheval pour la putrefier pendant deux ou trois mois, & ensuitte ils la font distiller fortement avec feu de sable ; il en monte une onctuosité precieuse, dans laquelle mettant tremper les choses les plus corruptibles, elles demeureront éternellement entieres. Ils disent que c'est par ce moyen que les Anciens les plus curieux ont conservé des corps entiers sans les reduire en mommies ; & que c'est ainsi que fut conservé le corps d'une femme dont parle Volaterran, qui fut trouvé dans un Mausolée prés d'Albane du temps d'Alexandre VI. lequel par son ordre fut jetté secrettement dans le Tybre pour éviter l'idolatrie ; car il paroissoit vivant & tres-beau, quoy qu'il fût mort il y avoit treize siecles.
 
BAUME, est aussi une petite herbe qu'on met à la salade, qui est odoriferante, & qu'autrement on appelle menthe.
 
BAUME, se dit figurément de ce qui est de bonne odeur, ou qui cause la guerison. A l'ouverture des Reliques de ce Saint il en sortit un baume precieux qui parfuma tout l'air d'alentour. la grace que les Sacrements conferent est un baume qui guerit toutes les playes de nos ames.
 
On dit proverbialement d'une chose agreable, comme de l'argent comptant, que cela flaire comme baume. On le dit quelquefois en contre-sens & ironiquement de ce qui est tres-puant.
Les mots de l’époque Chez-soi Chez-soi

J’ai envie de vous parler de Bertha Mason. Personnage marginal de Jane Eyre (1847), roman de Charlotte Brontë, elle est la première épouse cachée de Rochester.

Aurore Vincenti 06/05/2020