fief

 

définitions

fief ​​​ nom masculin

Au Moyen Âge, Domaine concédé par le seigneur à son vassal (➙ feudataire), en contrepartie de certains services. Le fief est l'institution fondamentale de la féodalité.
au figuré Domaine où qqn est maître. —  Fief électoral, où l'on est toujours réélu.
 

synonymes

 

exemples

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Un impôt particulier, appelé le droit de franc-fief, avait été établi à une époque très-reculée sur les roturiers qui possédaient des biens nobles.Alexis de Tocqueville (1805-1859)
Il n'était pas de fief pour lequel il ne se présentât deux propriétaires en litige.Jules Michelet (1798-1874)
Bien que ville épiscopale et malgré ses moutiers nombreux, elle formait un fief laïque qui ne fit retour à la couronne qu'en 1734.René Gobillot (1882-1978)
Les institutions féodales variaient, non seulement d'un royaume à l'autre, mais de fief à fief.Charles-Victor Langlois (1863-1929)
On peut même dire que cette obligation est, avec l'hérédité, la plus grande différence qui existe entre le bénéfice et le fief.Charles-Victor Langlois (1863-1929)
Après, il nous fit savoir qu'il avait besoin de sergents pour garder son fief ; nous lui en envoyâmes cinq cents qui nous coûtèrent au moins 500 livres.Charles-Victor Langlois (1863-1929)
Le seigneur haut justicier peut donner le droit de pêcher dans sa rivière à fief ou à cens.Alexis de Tocqueville (1805-1859)
Il y a du reste commune et commune, comme il y a fief et fief.Charles-Victor Langlois (1863-1929)
La justice, devenue un fief patrimonial, marchait forte devant le fief, et la robe égalait l'épée.Jules Michelet (1798-1874)
Tous les seigneurs de fief, quoiqu'ils n'aient pas de justice, peuvent chasser dans l'étendue de leur fief.Alexis de Tocqueville (1805-1859)
Quand le fief était entre les mains d'une femme, le mari prêtait l'hommage au nom de celle-ci.Charles-Victor Langlois (1863-1929)
Le nouveau seigneur doit aussi à son suzerain la foi et hommage et l'aveu et dénombrement ; c'est-à-dire, une description de tout ce qui est contenu en son fief.François-Xavier Garneau (1809-1866)
Mais on peut distinguer au moins deux espèces de fiefs : à l'origine le fief semble être le bénéfice devenu héréditaire ; plus tard c'est une concession à titre onéreux.Charles-Victor Langlois (1863-1929)
Ça et là, un rocher reste debout, dressant sa tête noire au-dessus des vagues, et gardant son ancien nom de fief, de château, de village.Paul Féval (1816-1887)
Les begs et les agas, comme autrefois les spahis, n'occupaient leurs domaines spahiliks ou tchifliks qu'à titre de fief et comme rémunération du service militaire.Émile de Laveleye (1822-1892)
On ne peut pas séparer la dignité du monarque de celle du royaume ; on ne peut guère séparer non plus la dignité du noble de celle de son fief.Montesquieu (1689-1755)
Là-bas cependant, il y a dans sa terre un homme qui soutient que sa terre est libre, un aleu, un fief du soleil.Jules Michelet (1798-1874)
Certaines coutumes attribuent le droit de colombiers à pied aux seuls seigneurs justiciers ; d'autres l'accordent à tous les possesseurs de fief.Alexis de Tocqueville (1805-1859)
La défense du territoire n'était plus exclusivement confiée aux hommes de fief : elle devenait la tâche et le devoir de toute la nation.Joseph Kervyn de Lettenhove (1817-1891)
Quelques comtes en forcèrent d'autres à leur prêter hommage, quoique tous dans leur origine tinssent également leur fief du roi, et dussent par conséquent être vassaux immédiats de la couronne.Gabriel Bonnot de Mably (1709-1785)
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définition ancienne (17e siècle)

Ces définitions sont issues du Dictionnaire universel de Furetière, publié en 1690. Il convient de les replacer dans le contexte historique et sociétal dans lequel elles ont été rédigées. En savoir plus.

Définition de « FIEF » subst. masc.

Terre, Seigneurie, ou droits qu'un Seigneur dominant donne à un Vassal à la charge de foy & hommage, & de le servir à la guerre & en autres occasions, ou avec quelques redevances. Cujas. Autrefois les fiefs n'étoient que viagers. Les fiefs sont establis dans toutes les Coustumes de France, & plusieurs tiennent qu'ils sont venus des Lombards. Mais Pasquier soustient le contraire, & prouve par un passage d'Aimoin, qu'ils estoient en usage en France dés le temps de Clovis. Et Du Cange croit qu'ils sont venus des Romains long-temps avant les Lombards ; & que ce mot n'a esté en usage que sous Charles le Gros vers l'an 884. Quelques-uns attribuent à Lothaire les loix des fiefs. On possede en fief, non seulement des heritages, mais des droits incorporels, comme dixmes, champarts, & autres redevances, & même des offices & dignitez. Ce mot est derivé, selon quelques-uns, de foedus, comme venant d'un traitté & d'une alliance faite avec le Seigneur ; selon d'autres de fides, comme Cujas & Jean de Janua, à cause de la foy qu'on est obligé de porter & de garder à celuy dont on releve. Bodin tient que le mot fedum Latin vient par la contraction de ces lettres initiales, Fidelis ero domino vero meo, qui est une ancienne formule de la foy & hommage. Nicod tient qu'il vient de feld Allemand, signifiant la même chose ; Hotoman de feed, mot Allemand qui signifie la guerre. Pontanus le derive de feide, mot Danois qui signifie Milice ; d'autres du mot Hongrois foeld, qui signifie terre ; d'autres de foden, qui signifie nourrir ; & Seldenus du Saxon feon, qui signifie stipendium, le fief estant une espece de Prebende pour vivre : car ce mot de fief a signifié autrefois des gages & appointemens d'Officiers. Quelques Auteurs Latins ont dit feuum, d'où nous avons fait fief, au lieu de feudum, dont les Bourguignons ont fait fied.
 
FIEF DOMINANT, est celuy à qui on doit foy & hommage : Fief servant, celuy qui releve d'un autre fief, ou qui n'a sous soy que des rotures. Un fief en nuesse ou de hautbert, est celuy qui releve de la Couronne nuëment & immediatement : ce qu'on appelle aussi de nud à nud, qui tient du Roy sa Seigneurie en plein fief : ce qu'on a appellé aussi, Fief chevet, en Latin feudum loricae, ou feudum planum.
 
FIEF NOBLE, est celuy qui est tenu en plein hommage, ou en Pairie, ou en plein lige, où il y a Justice, maison ou Chasteau notable, motte, fossez, ou autres signes de Noblesse & d'ancienneté. On appelle les autres fiefs, ruraux & non nobles, qu'on appelle quelquefois, Fiefs restraints ou abregez.
 
On a appellé aussi Fiefs roturiers, des Mairies ; & Fiefs boursiers ou boursaux, des fiefs acquis de bourse roturiere, qu'on appelle en plusieurs lieux coustumiere. Les portions de fief qui appartiennent aux aisnez, & qu'ils donnent à leurs cadets, s'appellent aussi boursaux en la Coustume du Grand Perche & du Mayne.
 
Franc fief. Cette Epithete est donnée aux fiefs, parce qu'ils ne doivent estre tenus que par personnes franches & nobles de race, ou annoblies, qui sont franches, libres & exemptes de tailles, aides & subsides. Et on appelle francs fiefs & nouveaux acquests, la taxe qu'on fait tous les 30. ou 40. ans sur les roturiers, les Eglises, les Communautez, & gens de main-morte, pour les fiefs qu'ils tiennent, ou qu'ils ont acquis de nouveau, qui ne sont point amortis, afin qu'ils ne soient point obligez d'en vuider leurs mains. Cette taxe se fait sur le pied du revenu de six années à l'égard des fiefs qui sont tenus du Roy nuëment ; & de trois ans à l'égard de ceux qui n'en relevent qu'en arrierefief.
 
Pied de fief, est un fief d'espece & demembré, dont il est fait souvent mention en la Coustume de Tours.
 
Fief de danger, est celuy dont on ne peut prendre possession qu'aprés avoir fait la foy & hommage, comme on veut dans les Coustumes de Troyes, de Chaumont, &c. & qu'on ne peut aliener sans le congé du Seigneur ; autrement il est confisqué.
 
Il y a des fiefs à vie ; d'autres qu'on appelle Fiefs morts, qui sont des heritages tenus à rente seche, qui ne portent point de profit de cens, ni de rente fonciere. On dit qu'un Seigneur, de son domeine fait son fief, quand de son plein fief il en donne une partie à un vassal pour en faire un arrierefief : & au contraire, que de son fief il fait son domeine, quand il y reünit un arrierefief, ou quand il le retire par puissance de fief.
 
Il y a aussi des fiefs en regale, ou des fiefs de dignité, comme estoit autrefois la charge de Connestable, que le Roy donnoit en fief, & dont on luy faisoit foy & hommage.
 
Fief en l'air. C'est un fief qui n'a point de chasteau ou principal manoir, où les tenanciers soient obligez de venir faire les devoirs, & payer les droits.
 
Profit de fief, se dit des droits seigneuriaux, comme quints & requints, rachats, laods & ventes, qui se payent à chaque mutation des heritages ou fiefs servants, quand le fief est ouvert ou vacant. On dit aussi, qu'un Seigneur peut se joüer de son fief, pour dire, le demembrer.
 
Puissance de fief, est un droit seigneurial qui donne pouvoir à un Seigneur de retirer & de prendre un heritage dependant de luy, pour le même prix qu'il est vendu à un Estranger, & non lignager de celuy qui vend, du vassal.
 
Commise de fief. C'est la denegation que fait un vassal de tenir un fief de son Seigneur ; ce qui en emporte confiscation : d'où est venu ce proverbe, Qui fief nie, ou fief rogne, perd son fief.
 
Arrierefief, est un fief relevant d'un autre fief, lequel en a encore un autre au dessus de luy.
Les mots croisés du Robert Les mots du bord de mer Les mots du bord de mer

Laissez-vous bercer par le bruit des vagues avec cette grille de mots croisés estivale !

17/07/2020