fourrer

 

définitions

fourrer ​​​ verbe transitif

vieux Doubler intérieurement ou extérieurement. Fourrer un cordage.
Doubler de fourrure, de ce qui tient chaud. Fourrer un manteau avec du lapin.
Garnir l'intérieur (d'une confiserie, d'une pâtisserie).
familier
Faire entrer, mettre (dans une chose creuse). Fourrer ses mains dans ses poches. —  au figuré Fourrer son nez dans les affaires des autres.
Faire entrer brutalement ou sans ordre. ➙ enfourner, mettre. Fourrer des objets dans un sac. ➙ familier flanquer, ficher, foutre. Fourrer une valise sous un meuble. —  Fourrer qqch. dans la tête, le crâne de qqn (pour le faire apprendre ou pour le faire croire, accepter).
Placer sans soin. Je ne sais plus où j'ai fourré mes lunettes.

se fourrer ​​​ verbe pronominal

familier
Se mettre, se placer (dans, sous qqch.). —  au participe passé Il est tout le temps fourré chez nous.
S'engager dans (une situation embarrassante). Se fourrer dans une mauvaise affaire. ➙ se jeter.
 

conjugaison

actif

indicatif

présent

je fourre

tu fourres

il fourre / elle fourre

nous fourrons

vous fourrez

ils fourrent / elles fourrent

imparfait

je fourrais

tu fourrais

il fourrait / elle fourrait

nous fourrions

vous fourriez

ils fourraient / elles fourraient

passé simple

je fourrai

tu fourras

il fourra / elle fourra

nous fourrâmes

vous fourrâtes

ils fourrèrent / elles fourrèrent

futur simple

je fourrerai

tu fourreras

il fourrera / elle fourrera

nous fourrerons

vous fourrerez

ils fourreront / elles fourreront

 

synonymes

fourrer verbe transitif

doubler, garnir, molletonner, ouater

farcir, garnir

enfoncer, faire entrer, enfourner, introduire, mettre, plonger, ficher (familier), flanquer (familier)

[familier] donner, coller (familier), ficher (familier), flanquer (familier), fourguer (familier), foutre (très familier), refiler (familier)

 

exemples

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Les chaouchs continuent à le fourrer dedans, mais ont complètement renoncé à exiger de lui un travail sérieux.Georges Darien (1862-1921)
Je ferai pour mon neveu ce qu'il sera convenable de faire, vous n'avez pas à y fourrer le nez.Honoré de Balzac (1799-1850)
Il s'est dit : voilà des gaillards qui font leur chemin ; il faut me fourrer dans leur poche, j'arriverai avec eux au débarcadère de la renommée.Henry Murger (1822-1861)
C'était à mourir de rire de les voir tous les deux se fourrer sous la couverture, au fond.Émile Zola (1840-1902)
L'un trouvera une cure pastorale, l'autre un poste d'instituteur ; celui-là ira se fourrer dans la rédaction d'un journal, un autre écrira des livres classiques pour pensionnats de jeunes filles.Fredéric Nietzsche (1844-1900), traduction Henri Albert (1869-1921)
Ne s'avisa-t-il pas un jour de creuser une mine dans l'armoire aux soutanes, et d'y fourrer de la poudre !Ernest Daudet (1837-1921)
J'ai monté en me tenant la jambe, sans rien dire, et, sous prétexte de migraine (on croit que j'ai bu), je suis allé me fourrer dans mon lit.Jules Vallès (1832-1885)
Il suffit qu'il y ait une jolie femme quelque part pour qu'on soit sûr de l'y voir fourrer son nez.William Makepeace Thackeray (1811-1863), traduction Georges Guiffrey (1827-1887)
Et, après m'être tiré du mauvais pas dans lequel je m'étais engagé, j'irais me fourrer dans un pareil guêpier ?Georges Darien (1862-1921)
Je commençais à trouver peu convenable qu'il y vînt jamais, quand même il n'aurait pas eu la mauvaise habitude de fourrer la patte dans le sel ou dans le beurre.Charles Dickens (1812-1870), traduction Paul Lorain (1799-1861)
Faites que le public lise bien entre les lignes que nous n'irons pas nous fourrer dans cette aventure.Guy de Maupassant (1850-1893)
Leur tâche sur la terre était de fourrer dans la poche de leur soutane des bouquins reliés en veau, avec les tranches rouges.Anatole France (1844-1924)
Si nous n'avons pas eu recours à la police, c'est que, vous savez, on n'aime pas à fourrer la police dans ses affaires.Émile Gaboriau (1832-1873)
Et il enjamba l'appui, il entra, avec l'idée de se fourrer dans le lit, de l'attendre sous les couvertures, tant il faisait froid.Émile Zola (1840-1902)
Puis, le jour venu, nous saurons bien, grâce à vous, fourrer le nez dans ses petites opérations...Jules Lermina (1839-1915)
Ça m'a poussé à y fourrer des inventions, des aventures, et m'a empêché de mettre toute ma vraie enfance, dans le paysage lyonnais.Edmond de Goncourt (1822-1896) et Jules de Goncourt (1830-1870)
Il me semblait que fourrer ainsi les sacremens à une personne qui n'y croyait pas et qui n'y voyait qu'une condescendance envers moi, c'était nous charger d'un sacrilége.George Sand (1804-1876)
Le vaste hall ne désemplissait pas, et bientôt les organisateurs ne surent plus où fourrer les dollars de leurs recettes.Alphonse Allais (1854-1905)
Je pourrais mettre ma chair lacérée sous les yeux des indifférents et fourrer dans mes ulcères les doigts blagueurs des incrédules !Georges Darien (1862-1921)
Je sais qu'il y a des épines dans les buissons, ça ne m'empêche pas d'y fourrer toujours les mains et d'y trouver des fleurs.George Sand (1804-1876)
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définition ancienne (17e siècle)

Ces définitions sont issues du Dictionnaire universel de Furetière, publié en 1690. Il convient de les replacer dans le contexte historique et sociétal dans lequel elles ont été rédigées. En savoir plus.

Définition de « FOURRER » v. act.

Faire entrer, introduire quelqu'un dans une maison, dans une affaire, en quelque lieu. Il a fourré son fils en une bonne Commission. il s'est fourré dans la Ferme Generale. ce jeune homme fera fortune, il est entrant, il se fourre par tout, il est toûjours fourré dans les bonnes compagnies. Menage derive ce mot de furrare, qui a esté fait de foderare, & qui vient de l'Allemand foeren, signifiant la même chose. ou plutost il vient de fourra, qui en langage Celtique ou Bas-Breton signifie, remplir.
 
FOURRER, signifie aussi, Mettre quelque chose dans une autre, l'y faire entrer. Il luy a fourré son espée au travers du corps. on ne sçauroit plus rien fourrer dans ce coffre, dans ce sac, il est trop plein.
 
FOURRER, signifie encore, Se cacher, se mettre en quelque lieu estroit. Au jour du Jugement le pescheur ne sçaura où se fourrer, il n'y aura point d'asile pour luy. quand on monstre une espée à ce poltron, on le feroit fourrer dans un trou. Nicod derive ce mot de ferre, ou de foras ire.
 
FOURRER, signifie aussi, Garnir de fourrures ou d'autres choses qui gardent la chaleur. Ce vieillard a fait fourrer son justaucorps, il a son manteau doublé de panne, de ratine, il se fourre bien de peur du froid. en ce sens il vient du Latin foderare.
 
FOURRER, se dit aussi en parlant d'une fraude qu'on pratique dans les monnoyes, quand des flaons de cuivre ou de fer, ou des metaux alliez, sont couverts ou bordez de lames d'or ou d'argent, & ensuitte passez dans les fers pour les monnoyer. Les Anciens ont fourré quelques monnoyes de cette façon. On le dit aussi des bottes de paille, de foin, & autres choses dont le dedans est de moindre valeur que le dehors.
 
FOURRER, se dit figurément en Morale des choses spirituelles. On ne sçauroit rien fourrer dans la teste de cet escolier, tant il est stupide. je ne sçay qui luy a fourré cette opinion dans l'esprit. ce Pedant a fourré cent trippes de Latin en son discours.
 
On dit proverbialement, qu'un homme fourre son nez par tout, pour dire, qu'il est incommode, qu'il se mesle des affaires où il n'est point appellé. On dit aussi, Il a bien fourré de la paille dans ses souliers, pour dire, Il s'est enrichi.
 
FOURRÉ, ÉE. part. & adj.
 
On appelle aussi une paix fourrée, une paix qui n'est faite qu'en apparence, & qui ne durera pas long-temps. un coup fourré, un coup qu'on porte avec furie & sans se mettre en garde, qui en fait recevoir un autre en même temps. une piece de monnoye fourrée, qui n'a que le dessus & les bords d'or ou d'argent, & le reste faux. une botte de foin, de paille ou autre marchandise, fourrée, quand on a mis le plus beau au dehors, & que le dedans est de moindre valeur.
 
On appelle en termes de Chasse, Lieux fourrez, les espiniers & les forts du bois où les bestes noires font leur demeure.
 
On appelle des langues fourrées, certaines langues de cochons qui viennent de Touraine, faites de certain hachis de viande recouvert de la même peau de la langue.
 
On dit proverbialement, un innocent fourré de malice, en parlant d'un homme qui est meschant dans l'ame, & qui semble en apparence estre simple.
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10/06/2020