fendre

 

définitions

fendre ​​​ verbe transitif

Diviser (un corps solide), le plus souvent dans le sens de la longueur. Fendre du bois avec une hache. ➙ couper. —  locution Il gèle à pierre fendre, très fort.
faux pronominal Elle s'est fendu la lèvre en tombant. —  locution, familier Se fendre la pipe, la gueule, rire aux éclats ; s'amuser.
au figuré Fendre le cœur, l'âme (à qqn), faire éprouver du chagrin, de la pitié… Des soupirs à fendre l'âme.
S'ouvrir un chemin à travers. Le navire fend les flots. —  Fendre la foule, l'écarter.

se fendre ​​​ verbe pronominal

(passif) Se couper, se diviser. Le sapin est un bois qui se fend facilement.
S'ouvrir, se couvrir de fentes. ➙ se crevasser, se lézarder.
au figuré Être affligé. Son cœur se fend.
Escrime Porter vivement une jambe loin en avant.
familier Se fendre de, se décider à offrir, à payer. Il s'est fendu d'une bouteille. —  sans complément Il ne s'est pas fendu, cela n'a pas dû lui coûter cher.
 

conjugaison

actif

indicatif

présent

je fends

tu fends

il fend / elle fend

nous fendons

vous fendez

ils fendent / elles fendent

imparfait

je fendais

tu fendais

il fendait / elle fendait

nous fendions

vous fendiez

ils fendaient / elles fendaient

passé simple

je fendis

tu fendis

il fendit / elle fendit

nous fendîmes

vous fendîtes

ils fendirent / elles fendirent

futur simple

je fendrai

tu fendras

il fendra / elle fendra

nous fendrons

vous fendrez

ils fendront / elles fendront

 

synonymes

 

exemples

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C'était vraiment une scène à fendre l'âme, et tout le monde se mit à pleurer.Pamphile Le May (1837-1918)
Je me levai péniblement ; il me sembla que mes os étaient rompus et que ma tête allait se fendre.Émile Zola (1840-1902)
Il entendit un grincement sec et cria : car il savait que ce bruit venait de la lame de sa hache de jade, que le froid excessif allait fendre.Marcel Schwob (1867-1905)
Le boulet de bois, lancé avec la force d'une catapulte, passa en sifflant à deux doigts de sa tempe, et alla se fendre en dix éclats contre la muraille.Alexandre Dumas (père) (1802-1870)
Pardaillan revint dans le vestibule au moment où un grand cri, dehors, saluait un coup de madrier qui venait de fendre la porte du haut en bas.Michel Zévaco (1860-1918)
Ils voulurent fendre le terrain des deux côtés de la gorge ; leurs instruments se brisèrent.Gustave Flaubert (1821-1880)
Il y avait de quoi fendre le tronc de l'arbre, mais non le cœur de l'homme de loi.Alphonse de Lamartine (1790-1869)
De la rive, les gens suivent cette scène avec effroi ; les parents des jeunes rameurs crient à fendre l'âme, et, cependant, personne n'ose aller au secours des malheureux !...Jean-Baptiste Caouette (1854-1922)
Brusquement, cette nuit là, elle sentit son cœur se fendre, elle fondit en larmes, la tête dans l'oreiller, pour qu'on ne l'entendît point.Émile Zola (1840-1902)
Il regretta d'avoir quitté son champ, il se mit à fendre du bois devant la porte, histoire de s'occuper.Émile Zola (1840-1902)
L'héroïsme avec lequel ce cher ange souffre m'indique qu'il aura tout mon caractère ; il me jette des regards à fendre le cœur.Honoré de Balzac (1799-1850)
Il gelait à pierre fendre, et le verglas était tel qu'on ne pouvait aller autrement qu'à très petits pas.Catherine II de Russie (1729-1796)
Je voyais du fond de la nef assombrie venir une ombre qui semblait fendre la pierre des cercueils.George Sand (1804-1876)
Navire contre les flots, chaque pile étant construite comme un bateau tournant son avant à l'amont de la rivière, portant parfois des figures, pour fendre la nappe d'eau contraire.Robert de la Sizeranne (1866-1932)
Elle parut très joyeuse, et se mit à fendre aussitôt la tige avec ses ongles, pensant trouver les fèves à l'intérieur.Marcel Schwob (1867-1905)
Ridicule jetté sur ceux qui grassayent en parlant, par bon air, ou pour ne pas se fendre la bouche.François Béroalde de Verville (1556-1626)
Je fus employé par mes propriétaires à fendre du bois, à porter de l'eau, à conduire les moutons à la pâture.Arthur de Gobineau (1816-1882)
Toutes deux tombèrent à genoux près de lui en pleurant et poussant des sanglots à fendre l'âme.Gustave Aimard (1818-1883) et Jules Berlioz d'Auriac (1820-1913)
On prétend que l'incroyable rapidité de ces voyages en voiture découverte nuit à la santé : peu de poitrines résistent à l'habitude de fendre l'air si rapidement.Astolphe de Custine (1790-1857)
Elle trouva un courage surnaturel pour fendre la presse, et pour rejoindre sa cousine encore occupée à percer la masse du monde qui l'empêchait d'arriver jusqu'au tableau.Honoré de Balzac (1799-1850)
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définition ancienne (17e siècle)

Ces définitions sont issues du Dictionnaire universel de Furetière, publié en 1690. Il convient de les replacer dans le contexte historique et sociétal dans lequel elles ont été rédigées. En savoir plus.

Définition de « FENDRE » v. act. & neut.

Couper, diviser en deux ou plusieurs pieces soit en long, soit en large. Fendre avec les coins, avec la hache. il y a des moulins à plusieurs scies qui fendent les poutres pour en faire des ais. il faut attendre que le feu ait fendu cette busche, & nous aurons des tisons. fendre du fer dans une forge. fendre la teste d'un coup de cimeterre. fendre un pourpoint, l'ouvrir par le dos & par les manches.
 
FENDRE, se dit aussi des choses qui s'entrouvrent d'elles-mêmes. La trop grande secheresse fait fendre la terre. il a gelé à pierres fendre. les terrasses se fendent, quand elles ne sont pas assez fortes. c'est la force du bois qui a fait fendre cette poutre.
 
FENDRE, se dit aussi des choses liquides qu'on ne fait que traverser, & qui se remettent aussi-tost en même estat. ce navire fendoit les mers. l'aigle fend les airs d'un vol rapide. j'ay fendu la presse pour arriver jusqu'à l'autel.
 
FENDRE, se dit aussi en parlant des douleurs qui se ressentent en plusieurs parties, comme si on les fendoit. La teste me fend d'une violente migraine. le coeur me fend de pitié, quand je voy ces miserables qui souffrent. le coeur fend de tendresse à un amant auprés de sa maistresse.
 
On dit proverbialement, Fendre un cheveu en deux, pour dire, Faire des divisions trop subtiles. On dit aussi, qu'un homme a la gueule fenduë jusqu'aux oreilles, pour dire, qu'il l'a par trop grande. On dit aussi d'un banqueroutier ou fugitif, qu'il a fendu le vent.
 
FENDU, ÜE. part. & adj. On appelle au triquetrac, Margot la fenduë, une case vuide au milieu de deux autres remplies.
Drôles d'expressions Être gêné aux entournures Être gêné aux entournures

Être gêné aux entournures : être mal à l’aise, se sentir gauche ; être incommodé dans son activité.

Alain Rey 12/05/2020