noyer

 

définitions

noyer ​​​ verbe transitif

Tuer par asphyxie en immergeant dans un liquide. Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage (proverbe). —  locution, au figuré Noyer le poisson : embrouiller volontairement une affaire.
Recouvrir de liquide. ➙ inonder, submerger. —  Noyer le carburateur (par excès d'essence).
au figuré Noyer qqn sous un déluge de paroles. —  locution Noyer une révolte dans le sang, la réprimer de façon sanglante. Noyer son chagrin dans l'alcool : s'enivrer pour oublier.
Faire disparaître dans un ensemble vaste ou confus. —  au participe passé Cri noyé dans le tumulte.

noyer ​​​ nom masculin

Arbre de grande taille, dont le fruit est la noix.
Bois de cet arbre. —  Ronce* de noyer.

se noyer ​​​ verbe pronominal

Mourir asphyxié par l'effet de l'immersion dans un liquide (➙ noyade). —  locution, au figuré Se noyer dans un verre d'eau : être incapable de surmonter les moindres obstacles.
au figuré Se perdre.
 

conjugaison

actif

indicatif

présent

je noie

tu noies

il noie / elle noie

nous noyons

vous noyez

ils noient / elles noient

imparfait

je noyais

tu noyais

il noyait / elle noyait

nous noyions

vous noyiez

ils noyaient / elles noyaient

passé simple

je noyai

tu noyas

il noya / elle noya

nous noyâmes

vous noyâtes

ils noyèrent / elles noyèrent

futur simple

je noierai

tu noieras

il noiera / elle noiera

nous noierons

vous noierez

ils noieront / elles noieront

 

synonymes

 

exemples

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Un nouveau soulèvement étoit sur le point d'éclater, si la cour n'eût ordonné de suspendre ces exécutions ; on fut obligé de faire noyer secrètement les plus criminels.Jacques Bins de Saint-Victor (1772-1858)
C'était un trouble, une angoisse, une ivresse ; c'étaient des monstres et des appels d'au-delà à noyer dans une charge de cavalerie.Ernest La Jeunesse (1874-1917)
Quant aux meubles, ils consistaient en un lit de noyer, dans l'une des chambres, et en une table et des ustensiles de ménage, qui garnissaient la cuisine.Émile Zola (1840-1902)
Joséphine aussi lui fit part de son malheur, en ajoutant que, dans son désespoir, elle avait voulu se noyer.Auguste de Villiers de L'Isle-Adam (1838-1889)
Cependant, qui veut noyer son chien l’accuse de la rage, et c’est ce qu’on a délibérément tenté de faire.Europarl
Un demi-pied de mer va noyer cette pauvre tête qui respire encore au-dessus des sables.Paul Féval (1816-1887)
Je pris le chemin que j'avais parcouru pédestrement six ans auparavant, et m'arrêtai sous le noyer.Honoré de Balzac (1799-1850)
La technique de ce rapport, habituelle dans cette enceinte, consiste à noyer le «poisson» politique dans une mer de bonnes intentions.Europarl
Enfin, je crois également que nous devrions envisager d'autres initiatives régionales, mais sans permettre à la stratégie de s'y noyer.Europarl
Ayant quelque chose à dire, par hasard, il se garda bien de le noyer dans des mots.Daniel Lesueur (1854-1921)
À peine étions-nous à table que je crus qu'il allait me manger, me noyer dans un verre d'eau !Fedor Dostoïevski (1821-1881), traduction J.-W. Bienstock (1868-1933) et Charles Torquet (1864-1938)
Je ne m'y connois encore guère ; je suis à pardonner, parce que ce pauvre homme possible est prêt à se noyer.François Béroalde de Verville (1556-1626)
Les lits, faits à quatre planches de noyer mal jointes, avaient de gros pieds ronds piqués de mites et tout fendus de sécheresse.Gustave Flaubert (1821-1880)
Tandis qu'elle se tenait devant le seigneur, elle vit amener plusieurs gens de métiers mis à rançon qui, ne pouvant payer, étaient aussitôt envoyés pendre ou noyer.Anatole France (1844-1924)
On l'avait retenu prisonnier ; on l'avait menacé de le noyer, en ajoutant à cette violation des usages les plus sacrés des paroles insultantes.Joseph Kervyn de Lettenhove (1817-1891)
Après la soupe mangée sur la table luisante de noyer, entourée de bancs du même bois, on voit les vieilles femmes sortir toutes courbées par l'âge et par le travail.Alphonse de Lamartine (1790-1869)
A un bout, des framboisiers ; à l'autre, un immense noyer qui inclinait ses branches jusque sur le cabinet du tonnelier.Honoré de Balzac (1799-1850)
Ne jamais cesser de mourir, ne jamais cesser de se noyer dans un océan de souffrances !Guy de Maupassant (1850-1893)
À cette pensée je m'appuyai contre un noyer sous lequel, depuis ce jour, je me repose toutes les fois que je reviens dans ma chère vallée.Alphonse de Lamartine (1790-1869)
A cette pensée je m'appuyai contre un noyer sous lequel, depuis ce jour, je me repose toutes les fois que je reviens dans ma chère vallée.Honoré de Balzac (1799-1850)
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définition ancienne (17e siècle)

Ces définitions sont issues du Dictionnaire universel de Furetière, publié en 1690. Il convient de les replacer dans le contexte historique et sociétal dans lequel elles ont été rédigées. En savoir plus.

Définition de « NOYER » subst. masc.

Arbre qui porte des noix. On plante des noyers au milieu des terres à bled en plusieurs lieux. En d'autres on en fait des allées & des avenuës. La racine du bois de noyer est veinée. C'est un bois fort estimé pour faire des meubles, qui se debite en poteaux, planches & membrures. Il sert aussi à monter des armes, à faire des panneaux de carrosse, &c. Quand ses racines ou louppes sont de bon bois, on les couppe par tronçons pour servir aux Ebenistes, ou aux Menuisiers en placage. Le noyer est haut & grand. Il a son tronc long & massif. Il a des branches fort estenduës. Il est couvert d'une teille, ou peau de couleur cendrée, espaisse, & ayant beaucoup de fentes. Sa racine est longue & grosse. Ses feuilles sont longuettes, & d'une odeur forte. Il en sort plusieurs d'une mesme queue, comme au fresne. Il a une fleur herbeuse qui a sa couverture verde, en chacune desquelles il y a une noix. Il aime les lieux froids, soit aquatiques, soit montagneux. Les noyers sont sujets à estre foudroyez. L'ombre des noyers est mal saine comme celle de l'if, & il fait dangereux de s'y endormir. Le noyer sert aux Teinturiers pour le fauve par plusieurs de ses parties. On employe sa racine, quand elle est tirée en hiver ; l'écorce, lorsque l'arbre est en seve ; la feuille, lorsque les noix ne sont pas bien formées ; & la coque, lorsqu'on en tire le cerneau. En Latin nuclearius. Il y a une nouvelle espece de noyer de Canada, dont l'amande ou noyau n'est point separé comme les autres, mais ressemble au fruit de l'amandier.
 
NOYER, ou Neyer, ou Nayer. verb. act. Inonder, submerger. Le Deluge noya toute la terre. La mer a rompu ses digues, & a noyé au Pays-Bas trois cens villages : c'est ce qu'on appelle la Platte. Quand on lasche ces escluses, ou noye trois lieuës de pays. La riviere qui deborde noye cette Isle tous les ans.
 
NOYER, signifie aussi, estre suffoqué par le moyen de l'eau. Ce sont les meilleurs nageurs qui se noyent. Au passage de cette riviere on tua bien des gens, & il s'en noya encore d'avantage. Ceux qui se noyent s'attrapent où ils peuvent.
 
NOYER, signifie aussi, Verser beaucoup de liqueur sur quelque chose. Il faut que ce poisson qui cuit soit noyé dans la sauce ; que ces concombres soient noyez dans le vinaigre, qu'il surnage. On appelle du plastre noyé, celuy qui est destrempé avec beaucoup d'eau, dans lequel on trempe des toiles qui servent aux Sculpteurs à faire des drapperies de fausses statuës qui ne doivent servir qu'à une ceremonie.
 
On dit aussi en Peinture, que des couleurs sont bien noyées, lorsqu'elles sont bien meslées ; & forment une belle nuance en passant insensiblement de l'une à l'autre.
 
NOYER, se dit aussi hyperboliquement. On trouva cet homme blessé, noyé dans son sang ; cette veufve noyée dans ses larmes. Les desbauchez noyent tous leurs soucis dans le vin.
 
NOYER, se dit aussi en joüant à la boule, quand on a passé au delà du but ; jusqu'à un lieu plus bas où la boule s'arreste. Il croyoit debutter cette boule, mais il s'est allé noyer.
 
NOYER, se dit figurément en Morale, pour dire, Se perdre, s'abysmer. Ce joüeur perd souvent, il se noye, il s'abysme. Cette manufacture qu'il a entreprise l'a abysmé, l'a noyé de dettes. Ne luy prestez pas de l'argent, c'est un homme noyé.
 
NOYER, se dit proverbialement en ces phrases. Qui veut noyer son chien, l'accuse de la rage, pour dire, ne manque point de pretexte pour perdre les gens. On dit aussi, qu'un homme est malheureux comme un chien qui se noye. On dit encore, qu'il est si malheureux, qu'il se noyeroit dans un crachat. On dit aussi, de cent noyez pas un de sauvé ; de cent pendus, pas un de perdu. On dit aussi d'une meschante personne, qu'elle n'est bonne qu'à noyer.
Drôles d'expressions Être bien, mal luné Être bien, mal luné

Être bien, mal luné : être de bonne, de mauvaise humeur. 

Alain Rey 23/04/2020