rabattre

 

définitions

rabattre ​​​ verbe transitif

Diminuer en retranchant (une partie d'une somme). ➙ déduire, défalquer. Rabattre une somme sur un prix. —  (intransitif) En rabattre : abandonner de ses prétentions ou de ses illusions. Elle a dû en rabattre.
Arboriculture Tailler en coupant la cime, les gros rameaux d'un arbre, d'une plante. Rabattre des rosiers après la floraison.
Amener vivement à un niveau plus bas, faire retomber. Rabattre son chapeau sur ses yeux.
Mettre à plat, appliquer contre qqch. Rabattre le col de son pardessus. —  Rabattre le capot d'une voiture.
Diminuer. ➙ rabaisser. Rabattre l'orgueil de qqn.
Ramener par force dans une certaine direction. Rabattre le gibier (vers les chasseurs).

se rabattre ​​​ verbe pronominal

Aller brusquement sur le côté. Voiture qui se rabat après un dépassement.
Se rabattre sur (qqn, qqch.) : en venir à accepter, faute de mieux.
 

conjugaison

actif

indicatif

présent

je rabats

tu rabats

il rabat / elle rabat

nous rabattons

vous rabattez

ils rabattent / elles rabattent

imparfait

je rabattais

tu rabattais

il rabattait / elle rabattait

nous rabattions

vous rabattiez

ils rabattaient / elles rabattaient

passé simple

je rabattis

tu rabattis

il rabattit / elle rabattit

nous rabattîmes

vous rabattîtes

ils rabattirent / elles rabattirent

futur simple

je rabattrai

tu rabattras

il rabattra / elle rabattra

nous rabattrons

vous rabattrez

ils rabattront / elles rabattront

 

synonymes

se rabattre sur verbe pronominal

se contenter de, accepter, faire avec, se satisfaire de

 

exemples

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Cela ne pouvait pas aller : c'était bien évident, j'avais visé trop haut, il fallait en rabattre.Charles Dickens (1812-1870), traduction Paul Lorain (1799-1861)
C'est à vous de voir si je me mets à un prix trop haut, mais je vous préviens qu'il n'y a rien à rabattre.Pierre Choderlos de Laclos (1741-1803)
Il faut en rabattre et consentir à ce que les hommes ne soient pas des anges.Oscar Méténier (1859-1913)
J'avais rempli le mortier de poudre avant de le couvrir avec la planche, et avant de rabattre sur les anses du mortier les crochets dont je l'avais garnie.Johann David Wyss (1743-1818), traduction Isabelle de Montolieu (1751-1832)
Je crois qu'il faut en rabattre un petit peu par rapport à cette présentation ambitieuse.Europarl
Un jour ou l'autre, je les passerai en revue ; il faudra rabattre de leur hyperbolique importance.André Gill (1840-1885)
Au bout de recherches, j'en vins à rabattre singulièrement de mes prétentions et de mes exigences.Jean-Eugène Robert-Houdin (1805-1871)
Celui-ci étant trop gros pour passer entre les guides, on avait dû, en l'accrochant au-dessous de la cage, lui rabattre et lui attacher la tête sur le flanc.Émile Zola (1840-1902)
Seulement, mon sort m'inquiète moins qu'il ne vous inquiète, ma sœur ; et je n'en veux pas rabattre les oreilles des personnages célestes.Paul Adam (1862-1920)
Il faut résister à la tentation de plus en plus forte d'en rabattre sur nos ambitions au nom de la compétitivité dans une économique ouverte.Europarl
D'après la situation du soleil, sa direction, après avoir été vers le nord-est, semblait se rabattre vers le sud-est.Jules Verne (1828-1905)
Et, à défaut d'argent, il songea à se rabattre sur le linge et les vêtements, à se faire un bon paquet qu'il emporterait...Albert Cim (1845-1924)
Elle tendait les mains, avec le désir de soulager l'enfant ; et, comme le lambeau de drap glissait, elle voulut le rabattre et arranger le lit.Émile Zola (1840-1902)
Il ne restait plus qu'à rabattre le lambeau de chair sur la plaie, ainsi qu'une épaulette à plat.Émile Zola (1840-1902)
On se flattait d'avoir conquis ou tout au moins ébranlé des personnages considérables ; seulement, il faut toujours rabattre des illusions d'émigrés.Paul Thureau-Dangin (1837-1913)
À vous deux, vous faites la paire ; vous voulez escroquer le pauvre monde, mais il faut en rabattre, ma belle dame ; payez-nous nos gages, vous dis-je, payez-nous nos gages.William Makepeace Thackeray (1811-1863), traduction Georges Guiffrey (1827-1887)
Un montagnard se peut donner le plaisir de supprimer un fleuve, de fertiliser ou de stériliser un pays ; voilà de quoi rabattre l'orgueil de la puissance.François-René de Chateaubriand (1768-1848)
Je la regrette d'autant plus que je vous ai mis l'eau à la bouche et qu'il faudra en rabattre...Fortuné du Boisgobey (1821-1891)
Après avoir ainsi protesté contre le langage du gouverneur, elle songea à se rabattre sur ses inférieurs.François-Xavier Garneau (1809-1866)
Tout bien considéré, je ne voyais, en tout ce que je pouvais supposer de pire, rien qui me fît rabattre de mon amitié pour ma cousine.George Sand (1804-1876)
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définition ancienne (17e siècle)

Ces définitions sont issues du Dictionnaire universel de Furetière, publié en 1690. Il convient de les replacer dans le contexte historique et sociétal dans lequel elles ont été rédigées. En savoir plus.

Définition de « RABATTRE » v. act.

& redupl. Abattre plusieurs fois. Voilà deux fois que cet homme fait bastir & rabattre ce pavillon, parce qu'il a changé le dessein de son bastiment.
 
RABATTRE, signifie aussi, Oster, retrancher, deduire. Sur la demande que vous me faites il faut rabattre ou compenser ce que vous avez receu. On a rabattu à cette servante sur ses gages le prix de ce qu'elle a laissé voler. C'est un prix fait, on n'en peut pas rabattre un denier. On ne luy a rien rabattu pour les frais. J'ay été obligé de rabattre un tiers du prix de ma ferme à mes Fermiers.
 
RABATTRE, signifie encore, Parer, empêcher l'effet de quelque chose. Un manteau de cheminée rabat la fumée, empêche qu'elle n'entre dans la chambre. Une double porte, un double chassis rabattent l'effort du vent. On dit en ce sens, rabattre les coups, quand on pare des coups d'estocade. On le dit aussi de celuy qui separe deux personnes qui se battent, en se mettant entre-deux. On le dit aussi au figuré de celuy qui appaise des gens animez, qui adoucit leurs esprits.
 
RABATTRE, se dit figurément en Morale. Dieu confond & rabat l'orgueil des superbes. Un Juge ne doit rien rabattre de sa severité ni pour prieres, ni pour menaces.
 
RABATTRE, signifie aussi, Prendre son chemin en revenant, pour s'arrester en un certain endroit. Si vous allez au Palais, venez rabattre chez moy, & vous reposer. On dit aussi à la chasse, que des oiseaux se rabattent sur le gibier ; & figurément, qu'un homme se rabat sur quelque chose, quand il se reduit à quelque moindre employ, ou qu'il s'applique à quelque moindre travail que celuy d'auparavant.
 
RABATTRE, en termes de Palais, se dit des defauts & congez qu'on fait revoquer par le Juge en se presentant devant luy, & offrant de plaider pendant la même Audience. Un Advocat qui vient remonstrer qu'il étoit à plaider ailleurs, fait rabattre le defaut qu'on avoit obtenu contre luy.
 
RABATTRE, en termes de Manege, se dit d'un cheval qui manie à courbettes ; & on dit qu'il les rabat bien, lors qu'il porte à terre ses deux jambes de derriere à la fois. On dit aussi, que le cavalier dompte & rabat l'impetuosité d'un cheval fougueux.
 
On dit proverbialement, J'en rabats quinze, pour dire, J'ay perdu beaucoup de l'estime que j'avois pour luy. On dit aussi, J'en rabats la moitié. Je luy ay bien rabattu son caquet, pour dire, Je l'ay humilié, je l'ay obligé à se taire. On dit aussi à ceux qui ont un habit neuf, qu'il leur faut rabattre les coutures, quand on les frappe legerement ; par allusion à ce qu'on dit des Tailleurs, qu'ils rabattent les coustures, quand ils les cousent une seconde fois.
 
RABATTU, UË. part. pass. & adj. Il y a un jeu aux Dames qu'on appelle Dames rabattuës.
 
On dit proverbialement, Tout compté, tout rabattu, c'est à dire, Tout ayant été bien calculé & compensé.
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Travailleur, dégagisme, abracadabrantesque... Choisis délibérément, employés à l'improviste ou totalement inventés, certains mots marquent durablement le discours des femmes et des hommes politiques français. Qu'ils soient surprenants, brutaux, décalés, peu connus ou utilisés mal à propos, ils ont tous pour point commun d'être largement repris dans les médias et commentés à l'infini. De la chienlit du général de Gaulle au perlimpinpin d'Emmanuel Macron, voici dix mots qui prouvent que le lexique des politiques n'en finit pas de nous étonner.

Édouard Trouillez 10/06/2020