Féminin des composés

Composés libres

Dans les composés dits libres, c'est-à-dire dont les éléments ne sont ni soudés, ni reliés par un trait d'union, les adjectifs et les noms prennent la marque du féminin :
son petit ami → sa petite amie
un nouveau venu → une nouvelle venue
un boucher charcutier → une bouchère charcutière
Les noms introduits par une préposition ne varient pas :
un conseiller d'orientation → une conseillère d'orientation
un employé de maison → une employée de maison

Composés à trait d'union

Le féminin des mots composés à trait d'union se forme généralement en mettant au féminin les adjectifs et les noms entrant dans la composition de ces mots :
doux-amer → douce-amère
mon petit-fils → ma petite-fille
Sauf dans le mot grande-duchesse, l'adjectif grand ne prend pas la marque du féminin quand il entre en composition :
une grand-mère ; la grand-voile
Mi, demi et semi sont invariables lorsqu'ils précèdent un nom ou un adjectif, dont ils sont séparés par un trait d'union :
à mi-hauteur ; une demi-journée ; une semi-consonne
Lorsqu'à l'intérieur d'un composé, un adjectif est employé comme adverbe, celui-ci est invariable ; seul l'autre élément du mot composé prend la marque du féminin :
une fillette nouveau-née (nouvellement née)
Dans les adjectifs composés d'un élément géographique et d'un adjectif, seul l'adjectif s'accorde en genre et en nombre ; l'élément géographique est invariable :
une production franco-allemande ; une Anglo-Saxonne ; des Sud-Africaines
Les préfixes et les prépositions sont invariables :
son ex-mari → son ex-femme
extra-utérin → extra-utérine
Dans les composés empruntés à une langue étrangère, la marque du féminin porte uniquement sur le dernier élément :
un strip-teaseur → une strip-teaseuse
Grammaire
Classes grammaticales
Accords
Orthographe
Le dessous des mots Un homme sur deux est une femme Un homme sur deux est une femme

Au-delà de la formule destinée à faire sourire, force est de constater que la moitié des hommes sont des femmes. Cet énoncé est correct grammaticalement et fait pleinement sens, ce paradoxe apparent étant rendu possible par la polysémie du mot homme, qui désigne à la fois un individu de sexe masculin et un mammifère du genre Homo, membre de l’humanité. Des bricolages de fortune ont tenté de contourner cette regrettable polysémie. Des solutions empiriques, telles que la typographie, prétendent distinguer l’homme de l’Homme (de la même manière, et pour les mêmes raisons, que l’histoire du Petit Chaperon rouge et l’Histoire et ses sources). Disons-le tout net, ça ne fonctionne pas.

Marie-Hélène Drivaud 28/05/2020