Conjonctions de subordination

Qu'est-ce qu'une conjonction de subordination ?

Les conjonctions de subordination relient une proposition subordonnée à une proposition principale ou à une autre proposition subordonnée. Elles établissent un rapport de dépendance (subordination) entre deux propositions :
Je pense que vous serez bientôt riches.
Préviens-moi lorsque tu auras des nouvelles.
Puisque nous sommes au complet, nous pouvons commencer.
Il faut que tu manges davantage si tu veux prendre du poids.
Les conjonctions de subordination simples sont comme, lorsque, puisque, quand, que, quoique, si et sinon.
Il existe aussi de nombreuses locutions conjonctives, presque toutes formées avec la conjonction que :
au cas où, au moment où, à chaque fois que, à condition que, afin que, ainsi que, à la différence que, à mesure que, alors que, à présent que, après que, attendu que, aussitôt que, avant que, bien que, d'aussi loin que, d'autant (plus) que, de crainte que, de même que, de peur que, depuis que, depuis le temps que, dès lors que, de (telle) sorte que, dès que, du moment que, encore que, en attendant que, étant donné que, excepté que, jusqu'à ce que, lors que, maintenant que, malgré que, ne… pas plus tôt… que, outre que, parce que, pendant que, pour peu que, pour que, pourvu que, sans que, selon que, si bien que, sitôt que, suivant que, tandis que, vu que

Emplois des conjonctions de subordination

Les propositions introduites par des conjonctions de subordination sont appelées propositions subordonnées conjonctives.
Les conjonctions introduisent des propositions subordonnées circonstancielles :
  • de temps (comme, lorsque, quand, après que, avant que, aussitôt que…)
    Nous sommes arrivés comme il partait.
    Préviens-moi lorsque tu seras prêt.
    Viens quand tu veux.
    J'étais à peine arrivé qu'il m'a fallu partir.
  • de but (afin que, pour que, de peur que, de (telle) sorte que…)
    Parle plus fort afin qu'on puisse t'entendre.
    Je l'ai enfermé à clé, de peur qu'il ne se sauve.
    Venez me rendre visite pour que nous en discutions.
  • de condition (si, à condition que, dans la mesure où…)
    Entraîne-toi si tu veux le battre.
    Je te prête ma voiture à condition que tu fasses très attention.
  • de concession ou d'opposition (quoique, bien que, encore que, alors que…)
    J'accepte, quoique rien ne m'y contraigne.
    Il a mis un pull alors qu'il fait beau.
  • de cause (comme, étant donné que, parce que, du fait que…)
    Comme elle arrive demain, il faut préparer une chambre.
    Je l'ai fait parce que tu me l'avais demandé.
  • de manière (comme, ainsi que…)
    Je les ai prévenus par téléphone, comme tu me l'avais demandé.
  • de conséquence (au point que, tellement… que…)
    Elle a tellement souffert qu'elle ne veut plus recommencer.
  • de comparaison (autant… que, plus… que, suivant que…)
    Il a autant d'énergie qu'il y a vingt ans.
    Ce travail lui a demandé plus de temps que je ne le pensais.
L'emploi de la locution conjonctive malgré que comme synonyme de bien que est courant mais reste critiqué. Il est donc préférable d'écrire :
Bien qu'il ait déjà mangé, il a encore faim plutôt que Malgré qu'il ait déjà mangé, il a encore faim.
En revanche, l'emploi de malgré que est tout à fait admis dans la locution littéraire malgré que j'en aie, qui signifie « malgré mes réticences ».
Que, à ce que, de ce que introduisent des propositions subordonnées complétives :
Je crois que tu en es capable.
Jean veille à ce que tout soit parfait.
Je suis content de ce que j'ai fait.
Certaines conjonctions de subordination régissent l'emploi du subjonctif. C'est le cas :
  • des conjonctions exprimant le but
    J'ai déplacé la réunion pour que tout le monde puisse y assister.
    Approche que je t'entende mieux.
  • des conjonctions exprimant la cause négative (ce n'est pas que, non (pas) que…)
    Ce n'est pas qu'il soit beau, mais il a du charme.
  • des conjonctions exprimant la condition composées avec que (à condition que, pourvu que, pour peu que…)
    Je te le prête, à condition que tu me le rendes.
    Je ne dirai rien, pourvu qu'on ne me fasse pas de mal.
  • des conjonctions de conséquence (assez pour que, trop (peu) pour que, suffisamment pour que, sans que)
    Il est trop tard pour que nous puissions agir.
    Il est entré sans que je le voie.
  • des conjonctions de concession ou d'opposition (bien que, malgré que, quoique)
    J'accepte, bien que rien ne m'y contraigne.
    Nous attendrons, quoique nous soyons impatients.
Dans les propositions subordonnées conjonctives de temps, le verbe de la subordonnée est à l'indicatif si l'action de la principale se passe en même temps ou après celle de la subordonnée :
Pendant que je lui parlais, il continuait de jouer.
Une fois que tu auras compris, ce sera facile.
Il est au subjonctif si l'action de la principale se passe avant celle de la subordonnée :
Elle va me harceler jusqu'à ce que je lui dise oui.
La règle veut que après que soit suivi de l'indicatif, comme toutes les autres conjonctions et locutions conjonctives indiquant la postériorité de l'action de la principale par rapport à l'action de la subordonnée :
Après qu'il est parti, j'ai pu commencer à travailler.
Cependant, l'emploi du subjonctif, par analogie avec la construction avant que, est de loin le plus courant dans l'usage. Bien que toujours critiqué par les puristes, il est de mieux en mieux accepté :
Après qu'il soit parti, j'ai pu commencer à travailler.
Les locutions conjonctives alors même que, quand, quand bien même et au cas où sont suivies du conditionnel :
Je le ferai, quand (bien même) on tenterait de m'en empêcher.
Emportez des gâteaux, au cas où vous auriez faim.
Certaines conjonctions comme encore que, de (telle) sorte que, d'aussi loin que, du plus loin que, peuvent être suivies de l'indicatif ou du subjonctif :
  • indicatif si ce qu'exprime la subordonnée ne fait pas de doute :
    Nous sommes venus, encore que notre présence n'était pas utile.
    Il n'est pas aimable, de sorte que personne ne veut avoir affaire à lui.
    D'aussi loin qu'il l'a aperçu, il a pris ses jambes à son cou.
  • subjonctif si ce qui est énoncé n'est pas tout à fait certain :
    Nous l'aiderons, encore que cela puisse nous être reproché.
    Articulez, de sorte que l'on vous comprenne bien.
    D'aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours eu peur des araignées.

que (conjonction de subordination)

Que est la conjonction de subordination la plus fréquente :
J'aimerais que vous me souteniez.
Crois-tu qu'il va neiger ?
Elle a la particularité de pouvoir remplacer une autre conjonction dont on veut éviter la répétition :
Quand la nuit tomba et que l'orage gronda… (= Quand la nuit tomba et quand l'orage gronda…)
Si nous cassons quelque chose et qu'elle s'en aperçoit… (= Si nous cassons quelque chose et si elle s'en aperçoit…)
Dans une comparaison, que ne peut être employé qu'une seule fois bien que la logique syntaxique exigerait la répétition :
Je ne demande pas mieux qu'il réussisse et non *Je ne demande pas mieux que qu'il réussisse.
Quand les termes d'une comparaison sont des verbes à l'infinitif, l'emploi de la préposition de après que est facultatif :
Il vaut mieux partir que d'attendre encore ou Il vaut mieux partir qu'attendre encore.
Outre une conjonction de subordination, que peut être aussi :
  • un pronom relatif :
    La table que tu as achetée est pratique.
  • un pronom interrogatif :
    Que voulez-vous ? Il ne sait que dire.
  • un adverbe interrogatif :
    Que m'importe son opinion ?
  • un adverbe exclamatif :
    Que vous êtes bavards !
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20/02/2020